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Tome dixieme.
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M I L T O N.

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point d’église qui pût se vanter de compter Miltonpour un de ses membres. Mais il ne garda point cetteneutralité dans les guerres civiles du roi Sc du parle-ment. II fut un des plus ardens ennemis de l’infortunéroi Charles I. II entra même assez avant dans la faveurde Cromwcll 8c par une fatalité qui n’est que tropcommune , ce zélé républicain fut le serviteur d'untyran. 11 fut secrétaire d 'Olivier Cromwell , de RichardCromwell , 8c du parlement qui dura jusqu’au tempsde la restauration. Les Anglais employèrent fa plumepour justifier la mort de leur roi, 8c pour répondre aulivre que Charles II avait fait écrire par Saumaije ausujet de cet événement tragique. Jamais cause ne futplus belle 8c ne fut si mal plaidée de part 8c d’autre.Saumaije défendit en pédant le parti d’un roi mort furl’échafaud , d’une famille royale errante dans l’Eu-rope , 8c de tous les rois même de l’Europe, intéressésdans cette querelle. Milton soutint en mauvais décla-mateur la cause d’un peuple victorieux, qui fe vantaitd’avoir jugé son prince selon les lois. La mémoire decette révolution étrange ne périra jamais chez leshommes , 8c les livres de Saumaije. 8c de Milton fontdéjà ensevelis dans l’oubli. Milton, que les Anglaisregardent aujourd’hui comme un poète divin , étaitun très-mauvais écrivain en prose.

II avait cinquante - deux ans lorsque la familleroyale fut rétablie. II fut compris dans l’amnistie queCharles II donna aux ennemis de son père ; mais il futdéclaré , par l’acte même d’amnistie , incapable deposséder aucune charge dans le royaume. Ce fut alorsqu’il commença son poème épique, à l’àge où Virgileavait fini le sien. A peine avait-il mis la main à cet