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à ses anges de faire ce que son fils unique seul devaitfaire.
C’est ce grand nombre de fautes grossières qui fitfans doute dire à Dryden, dans fa préface fur l’Enéide,que Milton ne vaut guere mieux que notre ChapelainSc notre le Moine. Mais aussi ce font les beautés admi-rables de Milton qui ont fait dire à ce même Dryden ,que la nature l’avait formé de lame à'Homère Sc decelle de Virgile. Ce n’efl pas la première fois qu’on aporté du même ouvrage des jugemens contradictoires.Ouand on arrive à Versailles du côté de la cour, onvolt un vilain petit bâtiment écrasé, avec sept croiséesde face , accompagné de tout ce que l’on a pu ima-giner de plus mauvais goût. Ouand on le regarde ducôté des jardins , on voit un palais immense , dont lesbeautés peuvent racheter les défauts.
Lorsque j’étais à Londres , j'osai composer enanglais un petit Essai (*) fur la poésie épique, danslequel je pris la liberté de dire que nos bons jugesfrançais ne manqueraient pas de relever toutes lesfautes dont je viens de parler. Ce que j avais prévuest arrivé , & la plupart des critiques de ce pays-ci ontjugé, autant qu’on le peut faire fur une traduction,que le Paradis perdu est un ouvrage plus singulierque naturel, plus plein d’imagination que de grâces,Sc de hardiesse que de choix, dont le sujet est toutidéal, & qui semble n’être pas fait pour l’homme.
Nous n’avions point de poème épique en France,& je ne fais même si nous en avons aujourd’hui. LaHenriade , à la vérité , a été imprimée souvent ; mais
(*) C’est en partie celui-ci même, qui en plusieurs endroits est unetraduction littérale de l’ouvragc anglais.