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Tome dixieme.
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' M I L T O N.

il y aurait trop de présomption à regarder ce poèmecomme un ouvrage qui doit passer à la postérité , Sceffacer la honte qsson a reprochée si long-temps à lal'rance de n’avoir pu produire un poème épique. L estau temps seul à confirmer la réputation des grandsouvrages. Les artistes ne font bien jugés que quandils ne font plus.

II est honteux pour nous , à la vérité , que lesétrangers se vantent d avoir des poèmes épiques , Scque nous qui avons réussi en tant de genres, nousioyons forcés d’avouer fur ce point notre stérilité 8cnotre faiblesse. L’Europeacru les Français incapablesde f épopée : mais il y a un peu d'injustice à juger lah rance fur les Chapelain, les le Moine, les Desmarets,les Capsaigne 8c les Scuderi. Si un écrivain célébré«bailleurs avait échoué dans cette entreprise ; fi unCorneille , un Defpréaux , un Racine avaient sait demauvais poèmes épiques, on aurait raison de croirel’esprit français incapable de cet ouvrage; mais aucunde nos grands-hommes n’a travaillé dans ce genre ;il n’y a eu que les plus faibles qui aient osé porterce fardeau , 8c ils ont succombé. En effet , de tousceux qui ont fait des poèmes épiques , il n’v en aaucun qui soit connu par quelque autre écrit un peuestimé. La comédie des Visionnaires de Desmarets est leseul ouvrage d’un poète épique , qui ait eu en sontemps quelque réputation ; mais c’était avant queMolière eût fait goûter la bonne comédie. Les Vision-naires de Desmarets étaient réellement une très-mau-vaise pièce, aussi-bien que la Mariamne de Tristan8c l’Amour tyrannique de Scuderi, qui ne devaient leurréputation passagère qu’au mauvais goût du siècle.