CHANT QUATORZIEME. 263
Les deux héros fièrement se relèvent,
Les yeux en feu, se regardent, s’observent,
Tirent leur sabre, et sous cent coups diversRompent l'acier dont tous deux font couverts.
Déjà le sang , coulant de leurs blessures,
D’un rouge noir avait teint leurs armures.
Les spectateurs en foule se prelsansFesaient un cercle autour des combattans,
Le cou tendu, l’ceil fixe, fans haleine ,
N’osant parler et remuant à peine.
On en vaut mieux quand on est regardé ;
L’œil du public est aiguillon de gloire.
Les champions n’avaient que préludéA ce combat d’éternelle mémoire.
Achille, Hector, et tous les demi-dieux,
Les grenadiers bien plus terribles qu eux ,
Et les lions beaucoup plus redoutables,
Sont moins cruels, moins fiers , moins implacables,Moins acharnés. Enfin l'heureux bâtardSe ranimant, joignant la force à fart,
Saisit le bras de l’Anglais qui s’égare,
Fait d’un revers voler son fer barbare;
Puis d’une jambe avancée à propos
Sur l’herbe rouge étend le grand Chandos ;
Mais en tombant son ennemi l’entraîne.
Couverts de poudre ils roulent dans l’arène,L’Anglais dessous et le Français dessus.
Le doux vainqueur, dont les nobles vertusGuident le cœur quand son sort est prospère,De son genou pressant son adversaire :
R 4