CHANT QUATORZIEME. 265
Semble revivre, et n’être plus blesséQue de l’éclat de ces yeux qu’il adore ;
II les regarde et reprend fa vigueur.
Sa belle amante , au sein de la douleur,
Sentit alors le doux plaisir renaître :
Les agrémens d’un sourire enchanteurParmi ses pleurs commençaient à paraître ;
Ainsi qu’on voit un nuage éclairéDes doux rayons d’un soleil tempéré.
L e roi gaulois , fa maîtresse charmante,
L’illustre Jeanne , embrassent tour à tourL’heureux Dunois dont la main triomphanteAvait vengé son pays et l’Amour.
On admirait fur-tout fa modestie,
Dans son maintien, dans chaque repartie.
II est aisé, mais il est beau pourtantD’être modeste alors que l’on est grand.
Jeanne étouffait un peu de jalousie,
Son cœur tout bas se plaignait du destin.
II lui fâchait que sa pucelle mainDu mécréant n'eût pas tranché la vie :
Se souvenant toujours du double affrontQui vers Cutendre a fait rougir son front,
Quand par Chandos au combat provoquée, (m)Elle se vit abattue et manquée.
Fin du quatorzième Chant.