DU SIECLE DE LOUIS XIV. 1 7 1
Vous qui de tant de fleurs fur le Parnasse éclosesOrniez à ses côtés les grâces Sc les ris ,
Et qui cachiez ses cheveux grisSous tant de couronnes de roses, Scc.
Ce fut fur cette pièce qu’il fut reçu à l’académie; ScBoileau alléguait cette même pièce pour lui refuser sonsuffrage. II est mort en 1742 à près de cent ans,d’autres disent à cent deux. Un jour à l’âge de plusde quatre-vingt-quinze ans, il soupait avec M mc laduchesse du Maine: elle l'appelait Apollon, 8c lui deman-dait je ne sais quel secret. II lui répondit :
La divinité qui s’amuseA me demander mon secret,
Si jetais Apollon , ne serait point ma muse,
Elle serait Thétis, Sc le jour finirait.
Anacrêon moins vieux fit de bien moins jolies choses.Si les Grecs avaient eu des écrivains tels que nos bonsauteurs, ils auraient été encore plus vains; nous leurapplaudirions aujourd’hui avec encore plus de raison.
S ainte-Marthe. {Gaucher de) Cette famille aété pendant plus de cent années féconde en savans. Lepremier, Gaucher de Sainte-Marthe , fut Charles , qui futéloquent pour son temps : mort en 1555.
Scêvole , neveu de Charles , se distingua dans les lettres8c dans les affaires. Ce fut lui qui réduisit Poitiers fousl’obéiíTance de Henri IV. 11 mourut à Loudun en 1623,8c le fameux Urbain Grandier prononça son oraisonfunèbre.
Ab d de Sainte-Marthe son fils cultiva les lettres commeson père, Sc mourut en 1652. Son fils, nommé Abdcomme lui, marcha fur ses traces. Mort en 1706.