de Louis XIV. 315
encouragés , Sc tous employés à la gloire du roi8c de la France.
Ce n’est pas ici le lieu de le représenter dans favie privée , ni dans l’intérieur de son gouverne-ment ; c’est ce que nous ferons à part. II suffit dedire que ses peuples , qui depuis la mort de Henrile Grand n'avaient point vu de véritable roi, 8c quidétestaient l’empire d’un premier ministre , furentremplis d’admiration 8c d’espérance, quand ils virentLouis XIV faire à vingt-deux ans ce que Henri avaitfait à cinquante. Si Henri IV avait eu un premierministre , il eût été perdu , parce que la hainecontre un particulier eût raminé vingt factions troppuissantes. Si Louis XIII n’en avait pas eu , ceprince, dont un corps faible 8c malade énervait l’ame,eût succombé sous le poids. Louis XIV pouvaitfans péril avoir ou n’avoir pas de premier ministre.
II ne restait pas la moindre trace des anciennesfactions ; il n’y avait plus en France qu’un maître8c des sujets. II montra d’abord qu’il ambitionnaittoute forte de gloire, 8c qu’il voulait être auffi consi-déré au-dehors qu’abfolu au-dedans.
Les anciens rois de l’Europe prétendent entr’eux roid’EC-
, , n , , . pagne cède
une entiere égalité , ce qui est tres-naturel ; mais t, préséanceles rois de France ont toujours réclamé la pré- au T0Uséance, que mérite l’antiquité de leur race 8c de leurroyaume: Scs’ilsont cédé aux empereurs, c’est parceque les hommes ne font presque jamais aster hardispour renverser un long usage. Le chef de la répu-blique d’Àllemagne , prince électif Sc peu puissantpar lui-même, a le pas fans contredit fur tous lessouverains, à cause de ce titre de César Sc d’héritier