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de Charìemagne. Sa chancellerie allemande ne traitaitpas même alors les autres rois de majesté. Les roisde France pouvaient disputer la préséance aux empe-reurs , puisque la France avait fondé le véritableEmpire d’occident, dont le nom seul subsiste enAllemagne. Ils avaient pour eux, non - seulementla supériorité d’une couronne héréditaire sur unedignité élective, mais l’avantage d’être issus par unefuite non interrompue de souverains qui régnaientfur une grande monarchie , plusieurs siècles avantque dans le monde entier aucune des maisons quipossèdent aujourd’hui des couronnes fût parvenue àquelque élévation. Ils voulaient au moins précéderles autres puissances de l’Europe. On alléguait enleur faveur le nom de très-chrétien. Les roisd’Espagne opposaient le titre de catholique ; 8c depuisque C harles-Quint avait eu un roi de France prisonnierà Madrid, la fierté espagnole était bien loin de céderce rang. Les Anglais 8c les Suédois, qui n’allèguentaujourd’hui aucun de ces surnoms , reconnaissentle moins qu’ils peuvent cette supériorité.
C’étaitàRome que ces prétentions étaient autre-fois débattues. Les papes, qui donnaient les Etatsavec une bulle , se croyaient à plus forte raison endroit de décider du rang entre les couronnes. Cettecour , où tout se passe en cérémonies , était letribunal où se jugeaient ces vanités de la grandeur.La France y avait eu toujours la supériorité , quandelle était plus puissante que l'Espagne; mais depuisle règne de Charles-Quint , l’Espagne n’avait négligéaucune occasion de se donner l’égalité. La disputerestait indécise ; un pas de plus ou de moins dans