de Louis XIV. 321
qu'à peine les Anglais eurent vendu cette villequ’elle devint l’objet de leur terreur.
Quelque temps après , le roi força le duc de 3° aoûtLorraine à lui donner la forte ville de Mariai. Ce ^malheureux Charles IV, guerrier assez illustre, maisprince faible, inconstant & imprudent, venait defaire un traité , par lequel il donnait la Lorraineà la France après fa mort , à condition que le roilui permettrait de lever un million fur l’Etat qu’ilabandonnait, Sc que les princes du sang de Lorraineseraient réputés princes du sang de France. Ce traité,vainement vérifié au parlement de Paris, ne servitqu’à produire de nouvelles inconstances dans leduc de Lorraine ; trop heureux ensuite de donnerMariai , Sc de se remettre à la clémence du roi.
Louis augmentait ses Etats même pendant lapaix, Sc fe tenait toujours prêt pour la guerre, fêlantfortifier fes frontières, tenant ses troupes dans la disci-pline , augmentant leur nombre , fêlant des revuesfréquentes.
Les Turcs étaient alors très-redoutables en Europe ; A/Fils attaquaient à la fois l'empereur d’Allemagne & les cours ^ i> em -Vénitiens. La politique des rois de France a toujours P ereur contre
. . , . r - T J,A ... , , 1 les Tuics.
ete , depuis trançois 1 , d etre allies des empereursturcs , non-feulement pour les avantages de com-merce , mais pour empêcher la maison d'Autriche detrop prévaloir. Cependant un roi chrétien ne pouvaitrefuser du secours à l’empereur, trop en danger, Scl’intérêtde la France était bien que les Turcs inquié-tassent la Hongrie, mais non pas qu’ils l’envahissent ;enfin fes traités avec l’Empirelui lésaient un devoir decette démarche honorable. II envoya donc six milleSiécle de Louis XIV Tom. I. X