322 La France florissante
hommes en Hongrie , fous les ordres du comte deColigni, seul reste de la maison de ce Coligni autrefois stcélébré dans nos guerres civiles , 8c qui mérite peut-être une austi grande renommée que cet amiral, parson courage Sc par sa vertu. L’amitiél’avait attaché augrand Condé, 8c toutes les offres du cardinal Mazarinn avaient jamais pu l’engager à manquer à son ami.II mena avec lui l’élite de la noblesse de France, 8centre autres lejeune la Feuillade , homme entreprenant1G64. 8c avide de gloire 8c de fortune. Ces français allèrentservir en Hongrie sous le général Montècuculi , quitenait tête alors au grand-viïiT JímpcrU, ou Kouprogli ,8c qui depuis, en servant contre la France, balançala réputation de Turcnne. II y eut un grand combatà S 1 Gothard au bord du Raab , entre les Turcs 8cl’armée de f empereur. Les Français y firent desprodiges de valeur ; les Allemands mêmes , qui neles aimaient point , furent obligés de leur rendrejustice; mais ce n’est pas la rendre aux Allemands ,de dire, comme on a fait dans tant de livres , que lesFrançais eurent seuls l’honneur de la victoire.
Le roi en mettant fa grandeur à secourir ouver-tement l’empereur, 8c à donner de l’éclat aux armesfrançaises, mettait fa politique à soutenir secrètementle Portugal contre l’Espagne. Le cardinal Mazarin avaitabandonné formellement les Portugais , par le traitédes Pyrénées ; mais l’Espagnol avait fait plusieurspetites infractions tacites à la paix. Le Français en fitune hardie 8c décisive : le maréchal de Sckomberg ,étranger 8c huguenot , passa en Portugal avec quatremille soldats français , qu’il payait de l’argent deLouis XIV , 8c qu’il feignait de soudoyer au nom du
II secourtencorele Por-tugal .