1665*
324 Puissance de la France.
vaisseaux ronds que l’on comptait dans ses ports ,elle pouvait en mettre en mer environ trente , dontun seul portait soixante 8c dix canons. Sous Alaiarin,on acheta des Hollandais le peu de vaisseaux que l’onavait. On manquait de matelots, d’officiers, de manu-factures pour la construction 8c pour 1 équipement.Le roi entreprit de réparer les ruines de la marine,8c de donner à la France tout ce qui lui manquaitavec une diligence incroyable : mais en 16648c 1665 ,tandis que les Anglais 8c les Hollandais couvraient1 Océan de près de trois cents gros vaisseaux de guerre,il n’en avait encore que quinze ou seize du dernierrang , que le duc de Beaufort occupait contre lespirates de Barbarie ; Sc lorsque les Etats-Générauxpressèrent Louis XIV de joindre fa flotte à la leur ,il ne se trouva dan s le port de Brest qu’un seul brûlot,qu’on eut honte de faire partir, 8c qu’il fallut pourtantleur envoyer sur leurs instances réitérées. Ce fut unehonte que Louis XIV s’empreffa bien vîte d’effacer.
11 donna aux Etats un secours de ses forces deterre , plus essentiel 8c plus honorable. II leur envoyaCx mille français, pour les défendre contre l’évêque deMunster , Chrijlophe-Bernard de Galen , prélat guerrier8c ennemi implacable, soudoyé par s Angleterre pourdésoler la Hollande; mais il leur fit payer chèrementce secours , 8c les traita comme un homme puissantqui vend fa protection à des marchands opulens.Colbert mit fur leur compte non-seulement la solde deces troupes, mais jusqu’aux frais dune ambassadeenvoyée en Angleterre, pour conclure leur paix avecCharles II. Jamais secours ne fut donné de si mau-vaise grâce, ni reçu avec moins de reconnaissance.