DE LA F L A N D R
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habiles , tous deux jaloux l’un de l’autre , 8c cepen-dant ne l’en servant que mieux , suivi des meilleurestroupes de l’Europe , enfin ligué de nouveau avec lePortugal, attaquait avec tous ces avantages une pro-vince mal défendue d’un royaume ruiné 8c déchiré. IIn’avait à faire qu’à fa belle-mère, femme faible, gou-vernée par un jésuite dont l’administrationmépriséeSc malheureuse laissait la monarchie espagnole sansdéfense. Le roi de France avait tout ce qui manquaità l’Espagne.
L’art d’attaquer les places n’était pas encore per-fectionné comme aujourd’hui , parce que celui deles bien fortifier Sc de les bien défendre était plusignoré. Les frontières de la Flandre espagnole étaientpresque sans fortifications 8c fans garnisons.
Louis n’eut qu’à se présenter devant elles. II entradans Charleroi comme dans Paris; Ath, Tournaifurent prises en deux jours ; Fumes , Armentières ,Courtrai ne tinrent pas davantage. Il descendit dansla tranchée devant Douai, qui se rendit le lendemain.
Lille , la plus florissante ville de ces pays , la feule 27 aoûtbien fortifiée , 8c qui avait une garnison de six millehommes , capitula après neuf jours de fiége. LesEspagnols n’avaient que huit mille hommesàoppoferà l’armée victorieuse, encore l’arrière-garde de cettepetite armée fut-elle taillée en pièces par le marquis 3 1depuis maréchal de Créqui. Le reste se cacha sousBruxelles 8c fous Mons , laissant le roi vaincre fanscombattre.
Cette campagne faite au milieu de la plus grandeabondance, parmi des succès si faciles, parut le voyaged’une cour. La bonne chère , le luxe 8c les plaisirs
Succès rapides.
6 juillet1667.