de la Franche-Comté. 335
réputée forte : elle avait pour commandant le comtede Montrevel , homme d’un grand courage, fìdelle pargrandeur d’ame aux Espagnols qu’il haïssait , 8c auparlement qu’il méprisait. II n’avait pour garnisonque quatre cents soldats 8c les citoyens, 8c il osa sedéfendre. La tranchée ne fut point poussée dans lesformes. A peine l’eut-on ouverte qu’une foule dejeunes volontaires , qui suivaient le roi, courut atta-quer la contrescarpe 8c s’y logea. Le prince de Condé,à qui 1 âge 8c l’expéricnce avaient donné un couragetranquille, les iït soutenir à propos , 8c partagea leurpéril pour les en tirer. Ce prince était par-tout avecson fils, 8c venait ensuite rendre compte de tout auroi, comme un officier qui aurait eu sa fortune àfaire. Le roi, dans son quartier, montrait plutôt ladignité d’un monarque dans fa cour qu’une ardeurimpétueuse qui n’était pas nécessaire. Tout le céré-monial de S c Germain était observé. 11 avait son petitcoucher, ses grandes, ses petites entrées, une salledes audiences dans fa tente. II ne tempérait le fastedu trône qu’en fêlant manger à fa table ses officiers-généraux 8c ses aides de camp. On ne lui voyait pointdans les travaux de la guerre ce courage emporté deFrançois I 8c de Henri IV, qui cherchaient toutes lesespèces de dangers. II se contentait de ne les pascraindre, 8c d’engager tout le monde à s’y précipiterpour lui avec ardeur. II entra dans Dole au bout dequatre jours de siège, douze jours après son départde S f Germain ; 8c enfin en moins de trois semaines,toute la Franche-Comté lui fut soumise. Le conseild’Espagne , étonné 8c indigné du peu de résistance ,écrivit au gouverneur :,, Oue le roi de France aurait
24 févrierIË68.