3 4 2 Siégé de Candie.
Mais une affaire plus intéressante tenait tous lesprinces chrétiens attentifs.
Turcs en Les Turcs , moins formidables à la vérité que duc ' temps des Mahomet, des Sèlim 8c des Soliman, maisdangereux encore 8c forts de nos divisions, après avoirbloqué Candie pendant huit années , l’aísiégeaientrégulièrement avec toutes les forces de leur empire.On ne fait s’il était plus étonnant que les Vénitiensfe fussent défendus si iong-temps, ou que les rois del’Europe les eussent abandonnés.
Les temps font bien changés. Autrefois , lorsquel’Europe chrétienne était barbare, un pape, ou mêmeun moine envoyait des millions de chrétiens combattreles mahométans dans leur empire : nos Etats s’épui-saient dhommes 8c d’argent pour aller conquérir lamisérable 8c stérile province de Judée : 8c maintenantque file de Candie , réputée le boulevart de lachrétienté, était inondée de soixante mille turcs .les rois chrétiens regardaient cette perte avec indiffé-rence. Quelques galères de Malthe 8c du pape étaientle seul secours qui défendait cette république contrel’empire ottoman. Le sénat de Venise, aussi impuis-sant que sage, ne pouvait avec ses soldats mercenaires8c des secours si faibles résister au grand-visir Kiupcrli ,bon ministre, meilleur général, maître de l’empirede la Turquie , suivi de troupes formidables , 8c quimême avait de bons ingénieurs.
Le roi donna inutilement aux autres princesDucde Bem- 1' exemple de secourir Candie. Ses galères , 8c les|iríaCíindie. va iff eaux nouvellement construits dans le port deToulon, y portèrent sept mille hommes commandéspar le duc de Beaiifort : secours devenu trop faible