de la Hollande. 345
l’argent , en promit beaucoup au roi Charles , quin’en pouvait avoir sans son parlement. Cette liaison 1670.secrète entre les deux rois ne fut confiée en Francequ’à Madame , sœur de CharlesII, 8c épouse de Monsieurfrère unique du roi, kTnrenne 8c à Louvois.
Une princesse devingt-six ans fut le plénipotentiairequi devait consommer ce traité avec le roi Charles.
On prit pour prétexte du passage de Madame enAngleterre , un voyage que le roi voulut faire dansses conquêtes nouvelles vers Dunkerque 8c vers Lille.
La pompe 8c la grandeur des anciens rois de l’AsieRapprochaient pas de l’éclat de ce voyage. Trentemille hommes précédèrent ou suivirent la marche duroi ; les uns destinés à renforcer les garnisons despays conquis, les autres à travailler aux fortifications,quelques-uns à applanir les chemins. Le roi menaitavec lui la reine fa femme, toutes les princesses 8c lesplus belles femmes de fa cour. Madame brillait aumilieu d’elles , 8c goûtait dans le fond de son cœurle plaisir 8c la gloire de tout cet appareil, qui couvraitson voyage. Ce sut une fête continuelle depuisS 1 Germain jufqu’à Lille.
Le roi, qui voulait gagner les cœurs de ses nouveau^'sujets , 8c éblouir ses voisins , répandait par-tout seslibéralités avec profusion ; l’or 8c les pierreries étaientprodigués à quiconque avait le moindre prétexte pourlui parler. La princesse Henriette s’embarqua à Calais,pour voir son frère, qui s’était avancé jufqu’à Can-torbéri. Charles , séduit par son amitié pour sa sœurSc par l’argent de la France, signa tout ce que LouisXIVvoulait, 8c prépara la ruine de la Hollande au milieudes plaisirs 8c des fêtes.