de la Hollande. 355
la Hollande s’attendait à passer fous le joug, dès quele roi serait au-delà du Rhin. Le prince d’Oran^e fitfaire à la hâte des lignes au-delà de ce fleuve , Scaprès les avoir faites , il connut f impuissance de lesgarder. II ne s’agissait plus qiie de savoir en quelendroit les Français voudraient faire un pont debateaux , 8c de s’oppofer, fi on pouvait, à ce passage.En effet, l’intention du roi était de passer le fleuvefur un pont de ces petits bateaux inventés parMartinet. Des gens du pays informèrent alors leprince de Condè que la sécheresse de la saison avaitformé un gué sur un bras du Rhin , auprès d’unevieille tourelle qui sert de bureau de péage, qu’onnomme Toll-huys , la maison du péage , dans laquelleil y avait dix-sept soldats. Le roi fit sonder ce guépar le comte de Guiche. II n’y avait qu’environ vingtpas à nager au milieu de ce bras du fleuve, selon ce quedit dans ses lettres Pélijfon témoin oculaire , Sc ce quem’ont confirmé les habitans. Cet espace n’était rien,parce que plusieurs chevaux de front rompaient le filde l’eau très-peu rapide. L’abord était aisé : il n’yavait de l’autre côté de l’eau que quatre à cinq centscavaliers , 8c deux faibles régimens d’infanterie fanscanon. L’artillerie française les foudroyait en flanc.Tandis que la maison du roi Sc les meilleures troupesde cavalerie passèrent fans risque au nombre d’envi-ron quinze mille hommes , le prince de Condè lescôtoyait dans un bateau de cuivre. A peine quelquescavaliers hollandais entrèrent dans la rivière pourfaire semblant de combattre ; ils s’enfuirent l’instantd’après , devant la multitude qui venait à eux. Leurinfanterie mit aussitôt bas les armes, 8c demanda la
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