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Tome vingtieme.
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Amsterdamprête d’êtreprise.

358 CONQUETE

fesait des conquêtes comme ses armes. C’était undroit qu’il acquérait fur la Hollande, dans l’espritdes catholiques.

Les provinces d’Utrecht, d'Overissel, de Gueldre,étaient soumises : Amsterdam n’attendait plus que lemoment de son esclavage ou de sa ruine. Les juifsqui y font établis s’empreffèrent d’ofïrir à Gouruillc ,intendant 8c ami du prince de Condé , deux millionsde florins, pour se racheter du pillage.

Déjà Naerden , voisine d’Amsterdam , était prise.Quatre cavaliers, allant en maraude , s’avancèrentjusqu’aux portes de Muiden , où font les écluses quipeuvent inonder le pays, 8c qui n’est qu'à une lieued’Amsterdam. Les magistrats de Muiden, éperdus defrayeur , vinrent présenter leurs clefs à ces quatresoldats ; mais enfin , voyant que les troupes nes’avançaient point, ils reprirent leurs clefs 8c fermèrentles portes. Un instant de diligence eût mis Amsterdamdans les mains du roi. Cette capitale une fois prise,non-seulement la république périssait , mais il n’yavait plus de nation hollandaise , Sc bientôt la terremême de ce pays allait disparaître. Les plus richesfamilles, les plus ardentes pour la liberté, se prépa-raient à fuir aux extrémités du monde , 8c à s’em-barquer pour Batavia. On fit le dénombrement detous les vaisseaux qui pouvaient faire ce voyage , 8cle calcul de ce qu’on pouvait embarquer. On trouvaque cinquante mille familles pouvaient se réfugierdans leur nouvelle patrie. La Hollande n'eût plusexisté qu’au bout des Indes orientales : ses provincesd’Europe , qui n’achètent leur blé qu’avec leursrichesses d’Asie, qui ne vivent que de leur commerce,