de la Hollande. 359
Sc si on l’ose dire, de leur liberté, auraient été presquetout-à-coup ruinées 8c dépeuplées. Amsterdam ,l’entrepôt & le magasin de l'Europe , où deux centsmille hommes cultivent le commerce 8c les arts ,serait devenue bientôt un vaste marais. Toutes lesterres voisines demandent des frais immenses 8c desmilliers d’hommes pour élever leurs digues : elleseussent probablement à la fois manqué d’habitanscomme de richesses, 8c auraient été enfin submergées ,ne laissant à Louis XIV que la gloire déplorabled’avoir détruit le plus singulier & le plus beaumonument de f industrie humaine.
La désolation de l'Etat était augmentée par lezdivisions ordinaires aux malheureux , qui s’imputentles uns aux autres les calamités publiques. Le grand-pensionnaire de Witt ne croyait pouvoir sauver cequi restait de sa patrie qu’en demandant la paix auvainqueur. Son esprit, à la fois tout républicain 8cjaloux de son autorité particulière, craignait toujoursl’élévation du prince d’Orange, encore plus que lesconquêtes du roi de France ; il avait fait jurer àce prince même l’observation d’un édit perpétuel ,par lequel le prince était exclus de la charge deStathouder. L’honneur , f autorité, l’esprit de parti,l’intérêt,lièrent de Will à ce serment. II aimait mieuxvoir sa république subjuguée par un roi vainqueurque soumise à un Stathouder.
Le prince d’Orange de son côté plus ambitieux quede Witt , aussi attaché à fa patrie, plus patient dansles malheurs publics, attendant tout du temps 8c del’opiniâtreté de fa constance, briguait le stathoudé-rat, 8c s’opposait à la paix avec la même ardeur. Les
Le princed'Orange sta-thouder.
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