de la Hollande. 361
Ces conditions d’une paix qui tenait tant de laservitude parurent intolérables, 8c la fierté du vain-queur inspira un courage de désespoir aux vaincus.On résolut de périr les armes à la main. Tous lescoeurs 8c toutes les espérances se tournèrent vers leprince d’Orange. Le peuple en fureur éclata contrele grand-pensionnaire, qui avait demandé la paix.A ces séditions se joignirent la politique du prince 8 clanimofité de son parti. On attente d’abord à la viedu grand-pensionnaire Jean de Witt. Ensuite on accuseCorneille son frère d’avoir attenté à celle du prince.Corneille est appliqué à la question. II récita dans leítourmens le commencement de cette ode à'Horace;JiiJlum ò tenacem , convenable à son état 8c à soncourage, 8c qu’on peut traduire ainsi pour ceux quiignorent le latin.
Les torrens impétueux ,
La mer qui gronde Sc s élancé,
La fureur Sc l’insolenceD un peuple tumultueux,
Des fiers tyrans la vengeanceN’ébranlent pas la constanceD un coeur ferme 8c vertueux.
Enfin la populace effrénée massacra dans la Haye lesdeux frères de Witt ; l’un qui avait gouverné l'Etatpendant dix-neuf ans avec vertu ; 8c l’autre , quilavait servi de son épée. ( 16) On exerça sur leurs
( 16 ) On avait d’abord tenté d’assaíïìner 1e grand-pensionnaire dansla Haye; mais il échappa & eut le crédit de faire punir l’assassm. Onn’osa condamner son frère à la mort, parce que les tourmens n’avaientpu lui arracher "l’aveu d’aucun des crimes qu’on lui avait imputés ; onfe contenta de le bannir. Ce fut dans le moment où le grand-pension-naire allait délivrer son frère de la prison après ce jugement, que tousdeux surent massacrés. Cette mort a répandu fur le nom de Guillaume IIIun opprobre ineffaçable.
Les de Wittassassinés.20 août1C72.