de la Hollande. 3 71
Le prince d’Orange , qui n’avait eu , pour opposer àces conquêtes rapides, que des officiers fans émula-tion 8c des soldats fans courage , les avait formésà force de rigueurs, en lésant palier par la main dubourreau ceux qui avaient abandonné leur poste;
Le roi employa auffi les châtimens, la première foisqu’il perdit une place. Un très-brave officier nommé Mseptemb.Du-Pas rendit Naerden au prince d’Orange. 11 ne /3 'tint à la vérité que quatre jours ; mais il ne remit faville qu’après un combat de cinq heures, donné furde mauvais ouvrages, 8c pour éviter un assaut général,qu’une garnison faible 8c rebutée n’aurait point sou-tenu. Le roi, irrité du premier affront que recevaientses armes , fit condamner Du-Pas (q) à être traîné sévérité,dans Utrecht, une pêle à la main; 8c son épée futrompue : ignominie inutile pour les officiers français,qui font assez sensibles à la gloire pour qu’on ne lesgouverne point par la crainte de la honte. II fautsavoir qu’à la vérité les provisions des commandansdes places les obligent à soutenir trois assauts ; maisce font de ces lois qui ne font jamais exécutées. Du-Pas fe fit tuer un an après au siège de la petite villede Grave, où il servit volontaire. Son courage 8c famort durent laisser des regrets au marquis de Louvois,qui l'avait fait punir si durement. La puissance sou-veraine peut maltraiter un brave homme, mais nonpas le déshonorer. (17)
(} ) La Bcaumcllc dit qu’il fut condamné à une prison perpétuelle.Comment cela pourrait-il être ? puisque Tannée suivante il fut tué ausiège de Grave.
(17) Cet usage qui n'a point été réformé est ancien, Sc n’a pu avoirpour origine qu'un enthousiasme exagéré de valeur, Sc une grandeindifférence pour le sort des malheureux bourgeois qu'il dévouait à
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