31 2 Evacuation
Les foins du roi, le génie de Vauban , la vigilancesévère de Louvois , l'expérience 8c le grand art deTurenne, l’active intrépidité du prince de Condé; toutcela ne put réparer la faute qu’on avait faite degarder trop de places, d’affaiblir f armée 8c de man-quer Amsterdam.
Le prince de Condé voulut en vain percer dans lecœur de la Hollande inondée. Turenne ne put, nimettre obstacle à la jonction de Montécuculi 8c duprince d’Orange , ni empêcher le prince d’Orangede prendre Bonn. L’évêque de Munster, qui avaitjuré la ruine des Etats - Généraux, fut attaqué lui-même par les Hollandais.
Le parlement d’Angleterre força son roi d’entrersérieusement dans des négociations de paix , 8c decesser d’être l’instrument mercenaire de la grandeurde la France. Alors il fallut abandonner les trois pro-vinces hollandaises , avec autant de promptitudequ’on les avait conquises. Ce ne fut pas fans lesavoir rançonnées : l’intendant Robert tira de la feuleprovince d’Utrecht en un an seize cents soixante 8chuit mille florins. On était si pressé d’évacuer unpays conquis avec tant de rapidité que vingt-huitmille prisonniers hollandais furent rendus pour unécu par soldat. L’arc de triomphe de la porte Saint-Denis , 8c les autres monumens de la conquête ,étaient à peine achevés que la conquête était déjà
toutes les horreurs du pillage. Mais depuis que l'art des sièges s’est per-fectionné, Sc qu’on a la précaution de détruire toutes les défenses d’uneplace avant d’y donner l’alTaut, cette condition imposée aux gouver-neurs n’est plus regardée que comme une chose de forme : 8: de nos jours,un officier qui prenant une ville d’assaut la livrerait au pillage , seraitauffì déshonoré qu'il l'aurait été dans 1e siècle dernier, pour avoir refuséde servir de second dans un duel.