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Tome vingtieme.
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Z8s Eloge de Turenne.

boulet qui lc tua, ayant emporté le bras de S 1 Hilairelieutenant-général de l’artillerie, son fils se jetant enlarmes auprès de lui, ce rìejl pas moi, lui dit S 1 Hilaire ,c'ejl ce grand-homme qu il faut pleurer : paroles compa-rables à tout ce que l’histoire a consacré de plushéroïque, 8c le plus digne éloge de Turenne. II esttrès-rare que fous un gouvernement monarchique ,où les hommes ne font occupés que de leur intérêtparticulier , ceux qui ont servi la patrie meurentregrettés du public. Cependant Turenne fut pleurédes soldats 8c des peuples. Louvois fut le seul qui nele regretta pas : la voix publique l’accusa même lui8c son frère l’archevêque de Rheims de s’être réjouisindécemment de la perte de ce grand-homme. Onfait les honneurs que le roi fit rendre à fa mémoire ,8c qu’il fut enterré à St Denis comme le connétable duGuejclin, au-dessus duquel l’opinion générale l'élèveautant que le siècle de Turenne est supérieur au siècledu connétable.

Turenne rsavait pas eu toujours des succès heureuxà la guerre ; il avait été battu à Mariendal, à Rétel,à Cambrai ; aussi disait-il qu’il avait fait des fautes ,8c il était assez grand pour l’avouer. II ne fit jamais deconquêtes éclatantes, 8c ne donna point de ces grandesbatailles rangées, dont la décision rend quelquefoisune nation maîtresse de l’autre; mais ayant toujoursréparé ses défaites, 8c fait beaucoup avec peu, il passapour le plus habile capitaine de l’Europe , dans untemps où Fart de la guerre était plus approfondi quejamais. De même, quoiqu’on lui eût reproché fadéfection dans les guerres de la fronde ; quoiqu àl’âge de près de soixante ans l’amour lui eût fait révéler