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Tome vingtieme.
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Eloge de Turenne. 3S3

le secret de l’Etat ; quoiqu'il eût exercé dans le Pala-tinat des cruautés qui ne semblaient pas nécessaires ;il conserva la réputation d'un homme de bien, sage& modéré , parce que ses vertus 8c ses grands talens,qui n’étaient qu’à lui , devaient faire oublier desfaiblesses & des fautes qui lui étaient communes avectant d’autres hommes. Si on pouvait le comparer àquelqu’un, on oserait dire que de tous les générauxdes siècles passés, Gonfalve de Cor doue, surnommé le grandcapitaine , est celui auquel il ressemblait davantage.

Né calviniste il s’était fait catholique l’an 1668 .Aucun protestant, & même aucun philosophe nepensa que la persuasion seule eût fait ce changementdans un homme de guerre, dans un politique âgé decinquante années, qui avait encore des maîtresses.On fait que Louis XIV, en le créant maréchal-généralde ses armées, lui avait dit ces propres paroles rap-portées par les lettres de Pélijfon k ailleurs : Je voudraisque vous rríobligeassiez à faire quelque chose de plus pourvous. Ces paroles (selon eux) pouvaient avec le tempsopérer une conversion. La place de connétable pouvaittenter un cœur ambitieux. II était possible aussi quecette conversion fût sincère. Le cœur humain ras-semble souvent la politique , l’ambition, les faiblessesde l’amour, les fentimons de la religion. Enfin il étaittrès-vraifemblable que Turenne ne quitta la religionde ses pères que par politique: mais les catholiques ,qui triomphèrent de ce changement, ne voulurentpas croire famé de Turenne capable de feindre.

Ce qui arriva en Alsace, immédiatement après lamort àtTurenne, rendit fa perte encore plus sensible.Montécuculi, retenu par fhabileté du général français