de Jacques II. 433
Ce fut le premier échec que reçut sur la mer lapuissance de Louis XIV. Seignelai, qui après Colbertson père avait perfectionné la marine , était mort àla fin de 1690. Ponicharlrain, é levé de la premièreprésidence de Bretagne à l’emploi de secrétaire d'Etatde la marine, ne la laissa point périr. Le même espritrégnait toujours dans le gouvernement. La Franceeut, dès Tannée qui suivit la disgrâce de la Hogue ,des flottes aussi nombreuses qu’elle en avait eu déjà;car Tourvilk se trouva à la tête de soixante vaisseauxde ligne, 8c à'Etrées en avait trente, sans compterceux qui étaient dans les ports ; Sc même quatreans après, le roi fit encore un armement plus consi-dérable que tous les précédens , pour conduirejfacques en Angleterre à la tête de vingt mille français ;mais cette flotte ne fit que se montrer; les mesures
Rujfel qui commandait la flotte anglaise avait une correspondancesecrète avec Jacques. Lui, Marlborougk , plufieurs chefs du parti populaire,avaient formé le projet de rétablir Jacques , en lui imposant des condi-tions encore plus dures que celles qu’ils avaient forcé le prince d Oranged’accepter. Rujfel avait écrit à Jacques de remettre la descente à l’hiver,&; surtout d’éviœr que la flotte française n’attaquât la sienne, qu’il leconnaissait incapable de sacrifier á aucun intérêt Thouneur du pavillonbritannique. Jacques avait encore d’autres intelligences dans la floue.
On a prétendu que Rujfel , voyant qu’on le forçait à combattre ,déconcertâtes intelligences, en changeant les capitaines suspects la veillede faction. D "Alrymple rapporte au contraire qu’on en donna le conseilau prince d’Orange, mais qu’il prit le parti de faire écrire par la reineà Rujfel , qu’on avait cherché à lui donner des soupçons fur la fidélitéde plufieurs officiers , S: proposé de les changer , mais qu’elle ne seraitaucun changement , regardant ces imputations comme f ouvrage de sesennemis 8: des leurs. Rujfel lut publiquement la lettre, 8c tous jurèrentde mourir pour leur reine 8: pour leur patrie.
On a dit que Jacques , placé fur le rivage , voyant combattre lesmêmes vaisseaux avec lesquels il avait gagné des batailles , ne pouvait«'empêcher de s’intércsser à eux contre lui-même. Cependant il avaitdemandé à combattre fur la flotte française.
Siècle de Louis XIV. Tom. I.
1696.
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