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Tome vingtieme.
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G U E R R

E S

qu à moi , vos lettres ne passeront point par lui. Luxembourgcommanda donc en Flandre , 8c Catinat en Italie.On se défendit bien en Allemagne sous le maréchalde Lorges. Le duc de JVoailles avait quelques succès

Maréchal de en Catalogne ; mais en Flandre fous Luxembourg , 8c

Luxembourg. 7? . ° .

en Italie lotis Catinat, ce ne fut qu’une fuite conti-nuelle de victoires. Ces deux généraux étaient alorsles plus estimés en Europe.

Le maréchal duc de Luxembourg avait dans lecaractère des traits du grand Condè, dont il étaitl’élève ; un génie ardent, une exécution prompte , uncoup d’œil juste, un esprit avide de connaissances,mais vaste 8c peu réglé : plongé dans les intriguesdes femmes ; toujours amoureux , 8c même souventaimé, quoique contrefait 8c d’un visage peu agréable,ayant plus de qualités d’unhéros que d’un sage. (ee)

Maréchal de (ff) Catinat avait dans l’efprit une applicationsc une agilité qui le rendaient capable de tout, fansqu’il fe piquât jamais de rien. II eût été bon ministre,bon chancelier,. comme bon général. II avait com-mencé par être avocat, 8c avait quitté cette professionà vingt-trois ans , pour avoir perdu une cause quiétait juste. II prit le parti des armes , 8c fut d’abordenseigne aux gardes-françaises. En 1667 il fit aux

(ee ) Voyez les anecdotes à l’article de la Chambre ardente . 11 ost aujour-d’hui généralement regardé par les militaires comme le premier hommede guerre qui ait connu l’art de faire manœuvrer 8c combattre de grandesarmées.

(ff) On volt par les lettres de M me de Mainiencn qu’elle n’aimaitpas le maréchal de Catinat. Elle n’espère rien de lui ; elle appelle samodestie orgueil. 11 paraît que le peu de connaissance qu’avait cette damedes affaires 8c des hommes , 8c les mauvais choix qu’elle fit, contri-buèrent depuis aux malheurs de la Erance.