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Tome vingtieme.
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443
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de Flandre, &c. 443

yeux du roi, à F attaque de la contrescarpe de Lille,une action qui demandait de la tête & du courage.

Le roi la remarqua, 8c ce fut le commencement desa fortune. II s’éleva par degrés, fans aucune brigue ;philosophe au milieu de la grandeur 8c de la guerre,les deux plus grands écueils de la modération ; librede tous préjugés , 8c n’ayant point l’affectation deparaître trop les mépriser. La galanterie 8c le métierde courtisan furent ignorés de lui; il en cultiva plusi’amitié , 8c en fut plus honnête homme. II vécutauffi ennemi de l’intérêt que du faste ; philosophe entout, à fa mort comme dans fa vie.

Câlinât commandait alors en Italie. II avait en victoires,tête le duc de Savoie , Viâor-Amédêc , prince alors DeSia&rde,sage, politique, 8c encore plus malheureux ; guerrier j 6go .plein de courage, conduisant lui-même ses armées,s’expofant en soldat, entendant ausii-bien que per-sonne cette guerre de chicane qui se fait sur desterrains coupés 8c montagneux, tels que son pays;actif, vigilant, aimant l’ordre, mais fêlant des fautes8c comme prince 8c comme général. II en fit une ,à ce qu’on prétend, en disposant mal son arméedevant celle de Câlinât. Le général français en pro-fita , 8c gagna une pleine victoire à la vue de Saluces,auprès de l’abbaye de Stafarde, dont cette bataillea eu le nom. Lorfqu’il y a beaucoup de morts d’uncôté 8c presque point de l’autre, c’est une preuveincontestable que f armée battue était dans un terrainoù elle devait être nécessairement accablée. L’arméefrançaise n’eut que trois cents hommes de tués ;celle des alliés, commandée par le duc de Savoie,en eut quatre mille. Après cette bataille, toute la