458 Victor-A'medée.
CHAPITRE XVII.
Traité avec la Savoie. Mariage du duc de Bourgogne.Paix de Rysvick. Etat de la France b de f Europe.Mort b testament de C harki II roi d'Espagne.
I—j A France conservait encore sa supériorité surtous ses ennemis. Elle en avait accablé quelques-uns , comme la Savoie 8c le Palatinat. Elle fesait laguerre sur les frontières des autres. C’était un corpspuissant 8c robuste , fatigué d’une longue résistance ,8c épuisé par ses victoires. Un coup porté à proposl’eût fait chanceler. Quiconque a plusieurs ennemisà la fois ne peut avoir à la longue de salut quedans leur division ou dans la paix. Louis XIV obtintbientôt l’un 8c l’autre.
ViBoj-Amédée Victor-Amédée duc de Savoie était celui de tousles princes , qui prenait le plutôt son parti, quandil s’agissait de rompre ses engagemens pour ses inté-rêts. Ce fut à lui que la cour de France s’adressa.Le comte de Tejfé , depuis maréchal de France,homme habile 8c aimable, d’un génie fait pour plaire,qui est le premier talent des négociateurs, agitd’abordsourdement à Turin. Le maréchal de Catinat , aussipropre à faire la paix que la guerre , acheva la négo-ciation. II n’était pas besoin de deux hommes habiles,pour déterminer le duc de Savoie à recevoir sesavantages. On lui rendait son pays : on lui donnaitde l’argent : on proposait le mariage de sa fille avec