464 Leopold de Lorraine.
cents années. Le duc Charles V, appui de l’Empire8c vainqueur des Turcs, était mort. Son fils Léopoldprit, à la paix de Ryívick, poíleffion de fa souve-raineté ; dépouillé à la vérité de ses droits réels ; caril n’était pas permis au duc d'avoir des remparts àfa capitale : mais on ne put lui ôter un droit plusbeau, celui de faire du bien à ses sujets ; droit dontjamais aucun prince n’a fi bien usé que lui.
Eloge de II est à souhaiter que la dernière polìérité apprenne
de Lorraine , qu un des moins grands louverains de 1 Lurope a etc
pere de 1 em- celui qui a fait le plus de bien à son peuple. II trouva
pereur Sran- 1 ^ , 1 r
fois /. la Lorraine désolée 8c déserte : il la repeupla , il
r enrichit. 11 l’a conservée toujours en paix, pendantque le reste de l’Europe a été ravagé par la guerre.II a eu la prudence d’être toujours bien avec laFrance, 8c d’être aimé dans l’Empire; tenant heu-reusement ce juste milieu, qu’un prince sans pouvoirn’a presque jamais pu garder entre deux grandespuissances. II a procuré à ses peuples l’abondancequ’ils ne connaissaient plus. Sa noblesse, réduite à ladernière misère , a été mise dans l’opulence par sesseuls bienfaits. Voyait-il la maison d'un gentilhommeen ruine , il la fêlait rebâtir à ses dépens : il payaitleurs dettes ; il mariait leurs filles ; il prodiguait desprésens, avec cet art de donner, qui est encore au-dessus des bienfaits : il mettait dans ses dons lamagnificence d’un prince 8c la politesse d’un ami.Les arts, en honneur dans fa petite province , pro-duisaient une circulation nouvelle qui fait la richessedes Etats. Sa cour était formée fur celle de France.On ne croyait presque pas avoir changé de lieu, quandon passait de Versailles à Luneville. A l’exemple de
Louis XIV,