466 Prince de Conti.
jamais commandé en chef; il n’entrait point dansles conseils du roi ; M. le Duc avait autant de répu-tation que lui à la guerre; M. de Vendôme en avaitdavantage : cependant fa renommée effaçait alorsles autres noms par le grand art de plaire 8c de fefaire valoir, que jamais on ne posséda mieux que lui.Polignac , qui avait celui de persuader, déterminad’abord les esprits en fa faveur. II balança , avec del’éloquence 8c des promesses , l’argent c[\i'AuguJle ,27 jutn électeur de Saxe , prodiguait. Louis-François prince‘ de Conti fut élu roi par le plus grand parti, 8c pro-clamé par le primat du royaume. Augujle fut éludeux heures après , par un parti beaucoup moinsnombreux : mais il était prince souverain 8c puissant ;il avait des troupes prêtes fur les frontières dePologne. Le prince de Conti était absent, fans argent,fans troupes , fans pouvoir ; il n’avait pour lui queson nom 8c le cardinal de Polignac. II fallait, ou queLouis XIV l’empêchât de recevoir Foffre de la cou-ronne , ou qu’il lui donnât de quoi l’emporter furson rival. Le ministère français passa pour en avoirfait trop , en envoyant le prince de Conti ; 8c troppeu , en ne lui donnant qu’une faible escadre Scquelques lettres de change , avec lesquelles il arrivaà la rade de Dantzick. On parut fe conduire aveccette politique mitigée, qui commence les affairespour les abandonner. Le prince de Conti ne fut passeulement reçu à Dantzick. Ses lettres de change yfurent protestées. Les intrigues du pape, celles dePempereur, l’argent 8c les troupes de Saxe assuraientdéjà la couronne à son rival. II revint avec la gloired’avoir été élu. La France eut la mortification de faire
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