Guerre de 1701. 493
quelques revers. L’Espagne, affaiblie sous les der-niers rois du sang de Charles - Quint, l’était encoredavantage dans les premiers jours du règne d’unBourbon. La maison d’Autriche avait des partisansdans plus d’une province de cette monarchie. LaCatalogne semblait prête à secouer le nouveau joug,Sc à se donner à l’archiduc Charles. II était impos-sible que le Portugal ne se rangeât tôt ou tard ducôté de la maison d’Autriche. Son intérêt visibleétait de nourrir chez les Espagnols , ses ennemisnaturels, une guerre civile dont Lisbonne ne pou-vait que profiter. Le duc de Savoie, à peine beau-père du nouveau roi d’Espagne, 8c lié aux Bourbonsparle sang 8c les traités, paraissait déjà mécontentde ses gendres. Cinquante mille écus par mois,poussés depuis jusqu’à deux cents mille francs, neparaissaient pas un avantage assez grand pour leretenir dans leur parti. II lui fallait au moins leMontferrat-Mantouan 8c une partie du Milanais.Les hauteurs qu’il essuyait des généraux français,Sc du ministère de Versailles, lui lésaient craindreavec raison d’être bientôt compté pour rien par sesdeux gendres , qui tenaient resserrés ses Etats de touscôtés. (3 2) II avait déjà quitté brusquement le partide 1 Empire pour la France. II était vraisemblablequ’étant si peu ménagé par la France, il s’en déta-cherait à la première occasion.
Quant à la cour de Louis XIV 8c à son royaume,les esprits fins y apercevaient déjà un changement
(32) On lui déclara, lorsqu’il se proposait d’aller voir à Milan songendre Philippe V , qu’il ne serait reçu que comme un de ses courtisans,& que le roi d’Espagne ne pourrait, sans manquer à fa dignité, l'admeurcL sa table.
Le ministèrede Franceperd fa supé-riorité.