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Tome vingtieme.
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I

494 Etat de la France

que les grossiers ne voient que quand la décadenceest arrivée. Le roi âgé de plus de soixante ans,devenu plus retiré, ne pouvait plus si bien con-naître les hommes ; il voyait les choses dans un tropgrand éloignement, avec des yeux moins appliqués& fascinés par une longue prospérité. M mc de Main-tinon , avec toutes les qualités estimables qu’ellcpossédait, n’avait ni la force, ni le courage , ni lagrandeur d'esprit nécessaires pour soutenir la gloired’un Etat. Elle contribua à faire donner le ministèredes finances en 1699 8c celui de la guerre en 1701à fa créature Chamìllart , plus honnête homme queministre, fc qui avait plu au roi par la modestie defa conduite, lorsqu’il était chargé de Saint-Cyr.Malgré cette modestie extérieure, il eut le malheurde se croire la force de porter ces deux fardeaux,que Colbert 8c Louvois avaient à peine soutenus. Leroi, comptant fur fa propre expérience, croyaitpouvoir diriger heureusement ses ministres. II avaitdit après la mort de Louvois au roi Jacques : Jaìperdu un bon muiijlre; mais vos affaires ò les miennesn en iront pas plus mal. Lorsqu’il choisit Barbejituxpour succéder à Louvois dans le ministère de laguerre : J’ai formé votre père , lui dit-il, [y y) je vousformerai de même. II en dit à peu près autant à Cha-millart. Un roi qui avait travaillé si long-temps 8c

[y y) Voyez les mémoires manuscrits de Dangtau : on les cite ici parceque ce fait rapporté par eux a été souvent confirmé par le maréchal dela Feui'lade , gendre du secrétaire d'Etat Chamìllart. Louis XIV n’avaitquetrois ans plus que Louvois; à la mort de M marin le roi avait vin2t-troi$ans ; Louvois en avait vingt, était depuis plusieurs années adjoint deson père dans U place de ministre de la guerre.