Le prince Eugène. 499
8c de ruisseaux, d’empêcher un ennemi habile deles passer. Le prince Eugène joignait à une grandeprofondeur de desseins une vivacité prompte d’exé-cution. La nature du terrain aux bords de l'Adigefêlait encore que l’armée ennemie était plus ramassée,
& la française plus étendue. Catinat voulait aller àl’ennemi ; mais quelques lieutenans-généraux firentdes difficultés , 8c formèrent des cabales contre lui,
II eut la faiblesse de ne fe pas faire obéir. La modé-ration de'sson esprit lui fit commettre cette grandefaute. Eugène força d’abord le poste de Carpi auprèsdu canal blanc , défendu par S í Fremont , qui nesuivit pas en tout les ordres du général, 8c qui fefit battre. Après ce succès, l’armée allemande futmaîtresse du pays entrel’Adige 8c l’Adda ; ellë pénétradans le Bressan , 8c Catinat recula jusque derrièrel’Oglio. Beaucoup de bons officiers approuvaientcette retraite qui leur paraissait sage, 8c il faut encoreajouter que le défaut des munitions promises par leministre la rendait nécessaire. Les courtisans , Scsurtout ceux qui espéraient de commander à laplace de Catinat , firent regarder sa conduite commel’opprobre du nom français. Le maréchal de Villeroi maréchalpersuada qu’il réparerait l’honneur de la nation. La commande,confiance avec laquelle il parla, 8c le goût que leroi avait pour lui, obtinrent à ce général le comman-dement en Italie. Le maréchal de Catinat, malgré lesvictoires de Stafarde 8c de la Marfaille, fut obligéde servir fous lui.
Le maréchal duc de Villeroi, fils du gouverneurdu roi, élevé avec lui, avait eu toujours fa faveur :il avait été de toutes ses campagnes 8c de tous ses
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