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Tome vingtieme.
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508
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Marlborough.

5o8 Marlborough.

d’Afrique ne valait pas, pour la maison d’Autriche,celui d’Angleterre 8c de Hollande.

Churchil , comte 8c ensuite duc de Marlborough,déclaré général des troupes anglaises 8c hollan-daises dès l an 1702 , fut l’homme le plus fatal àla grandeur de la France , qu’on eût vu depuis plu-sieurs siècles. II n’était pas comme ces générauxauxquels un ministre donne par écrit le projet d’unecampagne , 8c qui, après avoir suivi à la tête d’unearmée les ordres du cabinet , reviennent briguerl’honneur de servir encore. II gouvernait alors lareine d’Angleterre, 8c par le besoin qu’on avait delui, 8c par l’autorité que sa femme avait sur l’espritde cette reine. II menait le parlement par son crédit8c par celui de Godolphin grand-trésorier, dont le filsépousa sa fille. Ainsi, maître de la cour, du parle-ment , de la guerre 8c des finances , plus roi quen’avait été Guillaume , auffi politique que lui , 8cbeaucoup plus grand capitaine, il fit plus que lesalliés n’osaient espérer. II avait, par-dessus tous lesgénéraux de son temps , cette tranquillité de cou-rage au milieu du tumulte, 8c cette sérénité d’amcdans le péril , que les Anglais appellent cold head ,tête froide. C’eft peut-être cette qualité , 1e premierdon de la nature pour le commandement, qui adonné autrefois tant d’avantages aux Anglais furles Français, dans les plaines de Poitiers, de Créci8c d’Azincourt.

Marlborough , guerrier infatigable pendant la cam-pagne , devenait un négociateur auffi agissant pendantl’hiver. II allait à la Haye 8c dans toutes les coursd'Allemagne. Ilpersuadaitles Hollandais des’épuiser