Marlborough. 509
pour abaisser la France. II excitait les ressentimensde l’électeur palatin. II allait flatter la fierté del’élec-teur de Brandebourg, lorsque ce prince voulut êtreroi. II lui présentait la serviette à table , pour entirer un secours de sept à huit mille soldats. Leprince Eugène , de son côté , ne finissait une cam-pagne que pour aller faire lui-même à Vienne lespréparatifs de l’autre. On fait si les armées en font Avantagesmieux pourvues , quand le général est le ministre. cont re laCes deux hommes , tantôt commandans ensemble , France,tantôt séparément, furent toujours d’intelligence ;ils conféraient souvent à la Haye avec le grand-pen-sionnaire Heinsius Sc le greffier Fagel ,qui gouvernaientles Provinces - Unies avec autant de lumières queles Barnevelt Sc les de Wiit , & avec plus de bonheur.
Ils sciaient toujours de concert mouvoir les ressortsde la moitié de l’Europe contre la maison de Bourbon;
8 c le ministère de France était alors bien faible pourrésister, long-temps à ces forces réunies. Le secret deleur projet de campagne fut toujours gardé entr’eux.
Us arrangeaient eux-mêmes leurs desseins , Sc ne lesconfiaient à ceux qui les devaient seconder qu’aupoint de l’exécution. Chamillart au contraire n’étantni politique, ni guerrier, ni même homme de finance,
Sc jouant cependant le rôle d’un premier ministre,dans l'impuissance où il était de faire des arrangemenspar lui-même, les recevait de plusieurs mains subal-ternes. Son secret était quelquefois divulgué, avantmême qu’il fût précisément ce qu’on devait faire,
C’est ce que le marquis de Feuquières lui reprocheavec raison : Sc M me de Maintenon avoue dans seslettres que cet homme qu’elle avait choisi était un