Band 
Tome vingtieme.
Seite
511
JPEG-Download
 

Maréchal de Villars. 5 n

Marlborough , de retour à Londres après cettecampagne, reçut les honneurs dont on peut jouirdans une monarchie 8c dans une république ; crééduc par la reine , 8c ce qui est plus flatteur, remerciépar les deux chambres du parlement, dont les députésvinrent le complimenter dans fa maiíon.

II «'élevait cependant un homme qui semblaitdevoir rassurer la fortune de la France : c’était lemaréchal duc de Villars , alors lieutenant-général,8c que nous avons vu depuis généralissime des arméesde France , d’Ffpagne 8c de Sardaigne , à l’âge dequatre-vingt-deux ans, officier plein d’audace 8c deconfiance. II avait été l’artifan de fa fortune, parson opiniâtreté à faire au-delà de son devoir. II déplutquelquefois à Louis XIV, 8c ce qui était plus dange-reux , à Louvois . parce qu’il leur parlait avec la mêmehardiesse qu’il servait. On lui reprochait de n’avoirpas une modestie digne de fa valeur: mais enfin ons’était aperçu qu’il avait un génie fait pour la guerre,8c fait pour conduire des Français. Onl’avait avancéen peu d années , après l avoir laissé languir long-temps.

II n’y a guère eu d hommes dont la fortune aitfait plus de jaloux, & qui ait dû moins en faire. II aété maréchal de France , duc 8c pair, gouverneur deprovince : mais auffi il a sauvé l’Etat ; 8c d’autresqui l’ont perdu, ou qui n’ont été que courtisans,ont eu à peu près les mêmes récompenses. On lui areproché jufqu’à ses richesses , quoique médiocres ,acquises par des contributions dans le pays ennemi,prix de fa valeur 8c de fa conduite ; pendant queceux qui ont elevé des fortunes dix fois plus

t