5 16 Maniéré de se battre.
bataille que par une faute 8c par une méprise. Maisenfin il écrivit du champ de bataille au roi : Sire,votre armée k pris plus d.'étendards ò de drapeaux quelleria perdu de simples soldats.
Cette action fut celle de toute la guerre où labaïonnette fit le plus de carnage. Les Français parleur impétuosité avaient un grand avantage en feservant de cette arme. Elle est devenue depuis plusmenaçante que meurtrière. Le feu soutenu 8c roulanta prévalu. Les Allemands 8c les Anglais s’accoutu-mèrent à tirer par divisions avec plus d’ordre 8c depromptitude que les Français. Les Prussiens furentles premiers qui chargèrent leurs fusils avec desbaguettes de fer. Le second roi de Prusse les disciplina,de sorte qu’ils pouvaient tirer six coups par minutetrès-aifément. Trois rangs tirant à la fois , 8c avan-çant ensuite rapidement, décident aujourd’hui dusort des batailles. Les canons de campagne font uneffet non moins redoutable. Les bataillons que ce feuébranle n’attendent pas l’attaque des baïonnettes,8c la cavalerie achève de les rompre. Ainsi la baïon-nette effraie plus qu’elle ne tue, 8c l’épée est devenueabsolument inutile à rinsanterie. La force du corps,l’adresse , le courage d’un combattant ne lui ferventplus de rien. Les bataillons font devenus de grandesmachines, dont la mieux montée dérange nécessai-rement celle qui lui est opposée. C’est précisémentpar cette raison que le prince Eugène a gagné contreles Turcs les célébrés batailles de Témifvar 8c deBelgrade , où les Turcs auraient eu probablementl’avantage par leur nombre supérieur, s’il y avait euce qu’on appelle une mêlée. Ainsi fart defe détruire