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neti Lnlin, il traverserait tous les incendies, tous les purgatoires, (ous les enfers , pour
blés sauver la plus petite soucoupe de pâte tendre, en danger de destruction , et il ne
des i mettrait pas ses jambes dans l’eau pour sauver un enfant qui se noierait. L’amour
blés est une passion qui rend féroces ceux qui la ressentent : M. de Menussard , avec sa
oui clémentine de soie noire, son chapeau gras, sa redingote râpée, ses cheveux liéris-
voir ses et ternes, sa barbe paresseusement soignée, ses mains glacées de tons terreux,
;ra- ses souliers ternis, est peut-être dë tous les amoureux, de tous les amants de ce
e la siècle, le plus fervent, le plus sincère, le plus vrai, le plus enthousiaste et le plus
excusable par conséquent dans son égoïsme et sa férocité.
Ire, A côté de M. de Menussard, on rencontre souvent au palais de la Bourse un cè-les, lèbre collectionneur d’autographes, qui possède de l’écriture de toutes les personnes
que célèbres, mais depuis six mois il est atteint d'une affection mortelle , dix lignes do
>er- I écriture de Molière lui ont échappé et sont devenues la propriété d'un célèbre
ne amateur anglais . Aussi n’eu reviendra-t-il pas, ses jours s’éteignent, il ne voit plus,
iets ‘Tentend plus, marche comme un malheureux sur qui pèserait quelque implacable
ïela fatalité, il se considère eomme’un homfue déshonoré; sa collection d’autographes
ses clait réputée la plus belle de toutes les collections connues, maintenant elle n’est plus
son qu’en seconde ligne.
I sü M. de Menussard, hausse les épaules en voyant passer l’amateur d’autographes ,
on. il dit même que c’est un fou.
•as- Et en effet, l’amateur d’autographes , comme l’amateur de pâte tendre, comme
de i amateur de tableaux et tous les amateurs qui poussent leur amour d’une seule
f la chose, jusqu’à la passion de la collection, peuvent être classés parmi les fous, sec-
’ux lion des monomanes; car ils se sont attelés à une seule idée, car ils ne voient rien
de au delà; car tout l’univers, toute l’existence se résume pour eux dans l’idée qu’ils
efs Poursuivent et dont ils sont poursuivis.
Des monomanes collecteurs, il y en a de toute sorte, de toute espèce. Tout
ne Paris se rappelle ce vicomte de., qui faisait collection de cheveux roux célèbres
bî- et qui prétendait avoir en sa possession de ceux de Jésus-Christ .
1,1 Du autre monomaue collectionneur dont tout le monde a ri, rassemblait une
éc collection complète des plus petits souliers de femme qu’il lui fût possible de se pro-
Dc curer, on les voyait chez lui rangés sur des tablettes et étiquetés comme des livres
^ es ^ns une bibliothèque ; il connaissait tous les pieds vivants et tous les pieds morts ;
ins 1,11 joli pied bien chaussé le transportait d’admiration, il s’en considérait comme le
ne | curateur obligé ; s’il ne connaissait pas la femme qui en était possesseur, il prenait
scs s,,r elle cinquante informations, lui écrivait pour lui indiquer la manière de soigner
lCZ s ° n charmant pied, la suppliait de ne point se chausser de souliers trop étroits, lui
ses nommait les cuirs dont elle devait recommander l’emploi à son cordonnier, et finis-
d e j s nil en sollicitant pour seule récompense de tant de soins une paire de souliers des-
0,1 '“née à son dépôt, à son musée, à son trésor.
° n ’-ord D.n’aime que les tabatières; il en a de toutes sortes et des plus magni-
fiques , qu’il divise en trois classes : les tabatières d’hommes célèbres, les tabatières’ 0- m nees d’émaux ou de peintures, et les tabatières d’une matière ou d’un travail pré-