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entendre dans leurs tombeaux inroniius : « Généreux eufanls de la patrie,
•pie la France serait grande si elle pouvait ranimer d’un souffle vos ossements,et vous présenter en phalanges guerrières à l’Furope que vous avez tant defois vaincue ! »
Pendant l’immortelle campagne de 1814, où le genié d un homme lit tètea l'Europe conjurée, la jeunesse française se montra digne de ce qu elle avaitété pendant le règne de Napoléon. À ces deux époques elle lient que degrandes pensées; et je ne sais quel reproche pourrait leur adresser le plussévère des peintres de mœurs. Sans doute l’ambition régnait dans les cœurs,mais cette ambition était noble et pure des misérables,intrigues et des capitula-tions de conscience qui déshonorent souvent une passion si peu sévère sur lechoix des movens d’arriver à son but. C'est au prix de son sang offert tous lesjours que l’on voulait obtenir les récompenses promises par le juge suprêmedes travaux de chacun ; c’est par des services multipliés que 1 on espérait attire)les regards d’un prince attentif et juste, qui ne laissait aucun sacritice sanssalaire. Quel homme sage aurait voulu tarir la source de tant de dévouement,et refouler dans les cœurs la passion delà gloire?
La chute de N "on laissa un vide immense; la jeunesse, décimée tousles ans par la guerre, donna les plus vifs regrets au prince qui levait sur ellele terrible impôt du sang au nom de la gloire et du salut de tous. Destituée enquelque sorte avec lui du commandement suprême de l'Europe , la jeunessese sentit d’abord accablée de ce revers, et conserva au tond du cœur le désirde le réparer. Le retour de File d’Elbe, après de magnifiques promesses, ren-versa les ambitieuses espérances que les amis de Napoléon avaient conçuespour leur pays. Heureusement, les idées de liberté tirent diversion a eettedouleur. Toujours fidèle à ses glorieux souvenirs, la jeunesse embrassa laCharte comme une victoire remportée sur la dvnrstie revenue avec les étran-gers, et contrainte de rendre hommage aux principes de la révolution.
Alors se révéla un homme connu seulement par quelques chansons . entrelesquelles tout Paris avait répété le Roi d'Yvelol, satire naïve a la manièrede La Fontaine . Tout à coup l’auteur de cette malicieuse allusion au règne duconquérant, devient un grand poète» 11 prend la lyre au lieu du galoubet,et consacre ses odes ou ses hymnes à consoler la France , en célébrantses vingt années de triomphes. Grâce à lui, nos héros, leurs exploits,leurs prodiges, reviennent à la mémoire de tous, et retentissent dans lespalais, dans les ateliers, dans les chaumières. Les étrangers eux-mêmes,encore présents et sous les armes au milieu de nous, entendent les femmes .