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Tome second.
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XVIII
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journées, et s’éleva aux emplois les plus éminents ; l’autre fut négligée par unefaute grave de la politique, et devint hostile au pouvoir par mécontentementd’abord, ensuite par système. De là , au milieu delà société, une espèce devolcan souterrain dont nous avons vu à plusieurs reprises les redoutables ex-plosions. Kn même temps la presse, investie d’une puissance nouvelle , réveilladans les esprits toutes les idées d’amélioration politique et d’égalité ; la répu-blique apparut comme le gage d’un avenir brillant et prospère, où chacuntrouverait sa place, et tout le monde le bonheur tant cherché depuis des siècles.Tandis que les écrivains entretenaient ces espérances, il se préparait dansl’ombre une chose que nous n’avions pas vue encore, une vaste conjuration,étendue comme un réseau sur toute la France , nouée avec force, enveloppéed’un profond mystère , et investie d’une redoutable puissance par des jeunesgens seuls, sans le secours des hommes qui avaient formé les sociétés secrètesSous les Bourbons renversés par la révolution de 1850.

Peintre de mœurs, je ne dois pas omettre ici un singulier contraste : à côtéde cette jeunesse que nous appelons la jeunesse politique, nous voyons un cer-tain nombre de jeunes fasbionables avides de tous les genres de jouissances,épuisant jusqu a la lie la coupe des plaisirs, abandonnés à tous les excès, etcourant à leur ruine avec une sorte de délire qui rappelle des temps et des mœursque l’on croyait à jamais oubliés. Effaçons ces tristes images par une idée con-solante et prise dans l’observation même de ce qui se passe sous nos yeux. Lapatrie voit croître dans son sein une nombreuse partie de la jeunesse qui vitde peu, modère ses désirs, travaille beaucoup, étudie les questions de cetteéconomie politique qui porte tout l’avenir de la France , se livre au génie desdécouvertes, demande aux sciences les moyens de les rendre utiles au plusgrand nombre, d’achever, par une révolution innocente, paisible et pro-gressive , l’ouvrage de la révolution de 1789 , en répandant de nouveaux bien-faits sur le peuple, qu’il faut rendre plus heureux et plus éclairé pour le ren-dre vraiment libre. Bénissons cette modeste et laborieuse jeunesse, souhaitonsqu’elle fasse de nombreux imitateurs , et attendons, avec une vive espérance,les succès de la belle entreprise qu’elle poursuit sous les regards des hommeséminents qui lui servent de guides et de llambeaux.

P--F. Tissot,

de l'Académie française .