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Tome second.
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Lli FACTEUR DE LA POSTE AUX LETTRES

avez recommandé pour l’avenir le plus grand soin dons leur remise ; ce qui, soit ditcuire nous, produii a aillant d’effet que cette suscriplion, très-pressée, par laquellede fort honnêtes gens croient encore de nos jours imprimer à leur correspondanceune célérité extraordinaire.

Votre Facteur a promis, et modifiant son salut suivant l'importance de Vélrenne,il s’est retire en toute liâtc, car à celle époque les instants lui sont chers. De votrecôté, regrettant presque le petit présent que vous n’avez pas osé lui refuser, et com-parant d’un coup d’œil les receltes multipliées qu’il va faire, avec les dépenses exces-sives dont sa présence vous a annoncé le retour, vous vous surprenez à dire avec ungros soupir : « C’est un bon métier que celui de Facteur ! »

Le connaissez-vous, ce métier, pour en parler ainsi? — Non, sans doute; et ce-pendant voi s ne pouvez faire un pas, il quelque heure, dans quelque quartier que cesoit, sans rencontrer une des quatre cent six individualités de ce corps utile, quichaque jour parcourt nos rues en tout sens.

Permettez-moi donc de vous apprendre ce qu’il est, et, comme le froid pique,fermons bien les portes, jetons une bûche dans le foyer, asseyons-nous et écoutez-moi.

Autrefois, ou plutôt avant la restauration—je me dispenserai, avec votre per-mission, de remonter à des temps plus éloignés,— les Facteurs étaient choisis dansl’armée. Quiconque avait eu le bonheur de rentrer en France muni des trois mem-bres nécessaires, c'est-à-dire de deux jambes et d’un bras, fût-ce le droit, fût-ce legauche, était apte à remplir ces fonctions; et en ce moment même il existe encore teléchantillon mutilé de ces temps île gloire et de victoire, qui, après avoir perdu unepartie de lui-mên e à Leipsick, se sert habilement de celles qui lui restent pour don-ner à scs confrères tout entiers les meilleurs exemples do zèle et d’activité.

Aujourd’hui ce mode de recrutement n’existe plus, et le civil seul est appelé àremplir les vacances. Les élus sont presque tous des jeunes gens de dix-huit à vingtans. Us exerçaient un état; le manque d’ouvrage, la maladie, les ont engagés à yrenoncer; mais, à moins qu’ils ne fussent (ilsde facteurs, et dans ce cas même il està remarquer qu’ils ne se décideront jamais à suivre la condition de leur père qu’a-près avoir tâté d’une autre profession, il leur a fallu, pour réussir, autant de protec-tions au moins que s’il se fût agi d’obtenir une place de préfet ou de conse.ller-maitreà la cour des comptes. Des certificats de toute nature, l'appui des cinq ou six députésde leur département, des apostilles de ministres, voire même de princes, n’ont étéque suffisants pour faire sortir leurs noms des cartons poudreux du personnel oùils gisaient en compagnie de quelques centaines de demandes condamnées la plupartà une réclusion perpétuelle.

Une fois admis, le Leveur de boîtes, tel est son titre pendant les premiers pas de lanouvelle carrière qu’il va parcourir, reçoit de l'administration un double habillementcomplet. Chacun d’eux consiste, comme on sait, dans un habit bleu de roi, à pare-ments et collet rouges, dans une double paire de pantalons, les uns de drap gris mêlé,les autres de coutil, suivant la saison ; le tout rehaussé d’un petit collet de drap ma-rengo pompeusement qualifié du nom <’e manteau et dont l’usage ne doit pas êtremoindre de quatre ans et demi, aux risques et périls de Vhomme qu'il est destine a