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Tome second.
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L’ECOLIER.

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C0Urt » demi-attaché, faute de boutons, qui semble se séparer avec horreur du pau-*alon, lant est grande la distance qui laisse entrevoir des bretelles de lisière, et( '°nne à la chemise un interstice favorable pour se produire : le gilet est un vêtementPassage; il disparait avec les premières chaleurs de l’été. Le pantalon témoignede la croissance de son maître ; il laisse à découvert des bas-indigo qui se perdentdans des souliers informes, au cuir inflexible, aux semelles épaisses, aux clous acé-'es. Des livres maculés, déchirés, sont artistement ficelés et pendent sur l’épaule.^°elq ue f 0 i s on leur substitue un vaste carton vert bourré de livres, maintenu parune corde en bandoulière sur la poitrine. Il est inutile d’ajouter que les gants sontl'ioscrits. Un écolier qui s’aviserait d’en mettre serait appelé fat pour ce raffinementd e coquetterie.

Qn des mérites les plus saillants de l’écolier c’est l’effronterie : au moyen de cettePrécieuse qualité il dément sans rougir une accusation, lors même qu’il est collé enfla-8 ra nt délit : « Vous causez, monsieur. » 11 interrompt la phrase commencée avec unv °isin, et répond avec énergie un Non où l’expression d’un étonnement hypocrite seu>êle à l’accent de l’innocence injustement soupçonnée. Pour s’excuser d’une infractiona * a règle disciplinaire, il sait aussi construire avec promptitude une gausse dont unCx Pcrt chercherait en vain le côté faible. 11 est donc essentiellement menteur, et àle * Point que la franchise est considérée comme une preuve d’idiotisme, et le meu-Soi >ge comme un accessoire nécessaire dont le succès a le double avantage de dé-tu Urner une punition et de duper un pion.

Car l’écolier se fait gloire decombattre le maître d’études. On respecte celui-ci danss collèges, où c’est presque un fonctionnaire public, où il s’étaiedu formidable pro-X| seur q U i n’hésiterait pas a renvoyer un élève indocile ; mais dans les pensions, l’exilcoupable diminuerait d’autant le revenu du directeur; aussi l’écolier, fort deconsidération, entretient soigneusement une lutte avec le pouvoir, lutte aussi"leuse, aussi acharnée que celle des Guelfes et des Gibelins, lutte qui se poursuit dej^’iéralion en génération, et fait couler des flots d’encre. L’élève y met son indoci-e > ses dispositions hargneuses, ses moqueries tracassières, son opposition d’iner-

tie ; le

I -, - maître y pèse de toute l’autorité qui lui est dévolue, et de sa prodigalité dans^Partition aveugle des pensums , des retenues et des mauvais points. Ce dernierJ ^ °rdinaire un fils d’artisan, qui sort du collège avec des connaissances à peine

Uc hées, et un profond dédain pour les travaux manuels de son père. Avec cetmense orgueil qui est le privilège de l’ignorance, il s’assied au faîte par la pensée ;

II ls v ' e nt le jour où son incapacité se révèle, jour de déchéance où, simple soldat,rev êt les épaulettes de laine dans la milice de l’instruction publique: il devient pion.

Il Position varie suivant son caractère. S’il est ce qu’on appelle un pion bon-enfant,■ Cst lr aité comme le soliveau de Phèdre, ce roi inerte que les grenouilles ses su-liu CS Couvrent de houe e l de fange : on le raille, on le berne, on le trompe, on lee > on l’insulte ; il n’est aucun excès qu’on ne se croie permis dès qu’il y a indul-3ctiv° *’' tn '® re et impunité. La classe alors est un foyer de désordre ; des causeries•Oin ,CS ’ *' es ^rangements continuels, des querelles commencées avec la langue, ter-e °savecle poing, viennent jeter le trouble. Les avertissements bienveillants du

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