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L’ECO 1,1 EU.
maître sont accueillis par des huées. L ccolier ne sait pas user il ne sait qu’al>user :aussi il arrive ordinairement que le pion aigri fait succéder une rigueur inusitéesson humeur débonnaire: il devient clnen.
Se montrer impertinent et raisonneur envers le maître, lui jeter au visage desépithètes injurieuses, avoir avec lui une affaire, c’est un titre d’honneur pour unécolier. Celui qui ose affronter la tyrannie est généralement estimé de ses condis-ciples, il est de toutes les parties, de tous les jeux, il a de nombreux copains. Etrecopain , c’est se joindre par une union fraternelle avec un camarade, et mettre encommun jouets, semaines, confidences, tribulations; c’est une amitié naïve etvraie, sans arrière-pensée d’égoïsme ou d’intérêt, qu’on ne trouve guère qu’aucollège.
Les autres défauts capitaux de l’écolier sont la paresse et une intempérance fabu-leuse de langue ; il n’est pas de lazzaroni qui se livre avec plus de délices auxcharmes du dolce far nienle; il n’est pas de nonne ou de perroquet disert, instruitpar une vieille femme, qui aient un pareil épanchement de paroles; ce sont deuxhydres aux cent têtes que les pensums et les retenues terrassent vainement. Ce n’eslpas seulement la paresse qui trouve l’oubli des devoirs dans des distractions frivoles;c’est la paresse inerte , brutale, la paresse qui fait de la machine humaine une hor-loge arrêtée, la paresse du sauvage qui lient dans une léthargie absolue les ressortsde la pensée et de l’action. Cet amour du babil que nous signalons, est un trop-plein qui déborde, ou plutôt une inondation immense devant laquelle il faut serésigner et croiser les bras ; c’est comme les économies d’un muet qui a recouvrela parole.
Les dispositions querelleuses que l’écolier témoigne envers ses supérieurs, se re-trouvent dans leurs relations mutuelles. On sait qu’il n’est pas de plus grand plaisuque celui de houspiller un nouveau, pauvre provincial engourdi que chacun s’eu 1 'presse de tourmenter. La taquinerie est l’arme du faible qui , par ses provocations,blesse des susceptibilités, ind'e irœ , de l’a des combats grotesques. Dès que deuxcombattants se prennent au collet, on accourt, un cercle se forme, cercle anim®d’où partent des interpellations. — Tape dessus, va — soigne-le ; — des huées o«des applaudissements, suivant qu’un pochon bien appliqué vient nuancer un œil 0,1foudroyer un nez. Le pion joue ici le rôle des dieux d’Homère , il intervient, et envoi®vainqueur et vaincu expier en pénitence victoire ou défaite.
La gourmandise a aussi une place d’honneur dans le cœur de l’écolier ; mais coin 111,1c’est un vice réclamé par les moutards, la honte de paraître gueulard, comme eux >en arrête la manifestation parmi l’aristocratie. Elle consiste chez les petits à f» irCentre eux un échange de provisions , à chipper quelques friandises, et à faire un®consommation fanatique de croquets et de sucre d’orge, dits suçons. Ces dernie rssont d’un puissant secours contre la longueur des soirées d’études. Plus tard les i |lS 'tincts gastronomiques se modifient et viennent comparaître devant Félix, lemanche , jour de sortie.
A tout ce que nous venons de dire, qu’on ajoute un grand amour pour le j e0 ’l’étourderie ordinaire de la jeunesse , un fonds de malice nationale, et l’on aura I®