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Tome second.
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I 48

LE COCHER DE COUCOU.

arbitre, il craint si fort de ressembler a ceux qu’il appelle les esclaves de l’heurefixe, qu’il ne néglige aucune occasion de bien constater son indépendance. P** 1 'exemple : lorsqu’un bourgeois le fait demander pour neuf heures du matin, il asoin de n’arriver qu’a dix, et encore, en se présentant devant la pratique, nemanque-t-il pas de jeter sur elle un regard de défi. Autre exemple : lorsque le svoyageurs ont pris place dans sa machine roulante, il les fait fort longtemps attendresous un prétexte ou sous un autre, avant de donner le signal du départ, et cela pourprouver d’une manière victorieuse que son coucou n’est pas une diligence. Dernierexemple : si pendant la route quelqu’un de la compagnie l’engage a prendre unsentier qui tourne a gauche , il s’empresse de lancer son cheval au grand galop dansle sentier qui tourne à droite. —C’est a l’aide de ces protestations continuelles contrel’état de choses actuel, que Jacques parvient à satisfaire sa rancune et a soutenir soncourage.

Le cocher de coucou est le meilleur guide que l’on puisse choisir pour parcourirles environs de Paris . Ce n’est point un savant, ce n’est point un ami des arts et dela belle, nature, il ne vous indiquera pas les magnifiques points de vue, les ruineshistoriques, les monuments célèbres ; mais il vous conduira chez les restaurateurs enrenom, il vous enseignera les cuisines les mieux famées et les retraites les ph ,smystérieuses. — C’est bien quelque chose. — Lorsqu’on sort des barrières de l agrand’ville, ce n’est guère pour faire de l’arcliéologie. Où trouverait-on matièrepour de telles éludes? La bande noire y a mis bon ordre. Excepté Saint-Denis et ses tombeaux regrattés, Versailles et son palais, vous ne verrez plus autourde Paris que des gargotes dans lesquelles on vend du vin a tout prix, des canardsaux navets et d’excellent lapin sauté. Que faut-il de plus au bourgeois qui veutse distraire et qui d’ailleurs n’a jamais lu l’histoire que dans M. Le llagois ? Quantaux points de vue, vous savez si on les a gâtés â plaisir depuis quelques années-Partout les arbres et les buissons touffus font place â de petites maisons blanchesqui portent écriteau tous les six mois, qui ont cave, grenier, cinq pièces et jardind’un quart d’arpent, et dans lesquelles le boutiquier du quartier des bourdonnaiset du Palais-Royal vient oublier le dimanche ses additions et ses soustractionstoute la semaine. Pour trouver la véritable campagne, il faut aller maintenant atrente lieues de Paris . Aussi Jacques, qui reste toujours dans un rayon plus modeste,a-t-il bien raison de n’être ni un savant, ni un ami de la belle nature, et de Slcontenter du rôle d’intelligent auxiliaire des gastronomes en voyage. Lorsqu’il en-tend quelque bon rentier du Marais dire à sa femme au moment du départ : « Allo* lS 'bobonne, nous allons prendre le grand air et respirer sous l’ombrage ; » il ne P ellts’empêcher de sourire, lui qui sait qu’aux environs de Paris il n’y a pas de grand «if,et qu’on y trouve encore moins d’ombrage que dans la ville, où du moins les gran t,smurs et les hauts édifices vous protègent quelquefois contre les ardeurs du soleil-Si notre Jacques rend des services réels à tous les Vatels de la banlieue, ceux-cjne sont pas ingrats. Il y a toujours pour lui une place au feu et a la table : a |U1les meilleurs morceaux, a lui les sourires et les compliments. Dès que la maîtresse ù* 5la maison voit se dessiner dans le lointain, au milieu de la poussière de la route, ù