LE COCUEK DE COUCOU.
I 17
Vo 't, il n’aime que sou coucou. Ses chevaux lie lui semblent bons et utiles queparce qu’ils sont attelés a son coucou ; il les traite comme un roi constitutionneltruite ses ministres. Lorsqu’ils sont fourbus et éreintés, il les met a la retraite. Il'eut que son coucou soit bien traîné. Un roi constitutionnel a quelquefois le tort*1° laisser trop longtemps attachés au char de l’État, des coursiers qui ne peuventplus marcher droit, malgré les fréquents et sonores encouragements que leur appli-que le fouet de l’opinion. Jacques ne commet jamais cette faute. Pour que son charroule gentiment, il n’hésite pas a changer souvent de ministres.
l-c cocher de coucou a vu les dernières fêtes de l’ancien régime, les cérémonies pu-
bliques de la révolution, les orgies du directoire, les victoires de l’empire, les pro-missions de la restauration et le triomphe populaire de juillet. Sa chevelure lire sur lea ucde neige, mais sa mine est toujours fraîche et réjouie. Et quand, par une belleJournée, il a son chapeau sur le coin de l’oreille et une rose a sa boutonnière, ilencore digne de mener aux lilas la plus jolie paire d’amoureux qu’on ait vus depuisel,) 'se et Abeilard, ou, si vous aimez mieux, depuis Iléro etLéandre.
costume porte le cachet de toutes les époques qu’il a traversées. 1.71)(> lui,l légué le tricorne et la queue; de l'empire il a conservé le pantalon charivari qui, ,a *t infiniment les vieux grognards de la garde impériale ; 1818 a chargé ses
Meules d’un carrik café au lait. Ainsi affublé, notre homme est un monument0I 'ique qui mériterait de prendre place dans un musée.
Jacques est un véritable Aulomédoii des anciens jours. Il regrette le temps où|, < l:| it 'a voilure qui faisait la loi au voyageur et non pas le voyageur à la voiture.° u ' lui semble perdu depuis que l’on a établi des départs a heure fixe, depuis1 le conducteur et le postillon ne sont plus, entre les mains du commis de bu-J 'l lle des machines réglées comme des montres de Bréguet. Quelle belle époquep|ç t Ce ** e 011 UI1 voiturier ue partait qu’à sa guise, lorsque sa cargaison était com-el e ’ lursqu’il avait bien digéré, lorsqu’il avait suffisamment embrassé sa femme, lu * ts ®ufants, lorsqu’il avait le cœur content, lorsqu’il voyait le ciel pur et sansan l ' eS> ' 0IS< 1 U " daignait dire au voyageur, comme le capitaine du brick marchandétait'' 188 ' 1 '’ 61 " " ^lions, le vent est favorable ! » — Aux yeux de Jacques, le cochela ' -*1l ,eau idéal de l’art des transports... le coche, qui marchait deux heures dansfè( S ° lr ^ U l ,0,,r éviter la grande chaleur du jour, qui s’arrêtait complaisamment aux*1° village et aux réjouissances religieuses des cités, et qui, sur la demandede r ■ 1101111 * ce inquiète, attendait, pour se remettre en route, que l’enfant ciif achevéPa'" IU sa première dent. Quelle différence avec le régime des malles-postes quile ,"" et arrivent à une minute près, et ne donnent pas aux Ulysses contemporains1Iu l's de demander un bouillon par la portière. —Jacques n’a pas voulu se sou-
'« te"‘eitie';:
" le,tl '« au joug du départ à heure fixe. Il a conservé toute son indépendance , et c’est"" '«lires d’une couleur fort vive et d’une tailledémésurée qu’il a fa.tecr.rc sur son'““«ou ces mots si fiers : « Voitüub a volonté ; » ce qui ne veut pas due que la voilureJ 0 ! 1 a 'a volonté des voyageurs... au contraire... mais bien, que les voyageurs et a""'"r sont à la volonté du cocher... Voilà en quoi la devise de Jacques rappelle leCau serment des Arragonnais : « Sinon , non. » Jacques est s. jaloux de son libre