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Tome second.
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108 LE GAMIN DE PARIS .

A défaut du Théâtre-Français et de l'Opéra, le gamin de Paris possède en P 10 l )|i:plusieurs théâtres : le théâtre de la Porte-Saint-Martin, celui de la Gaîté, de I An'higu-Comique, des Funambules, le salon de Curtius. A la Porte-Saint-Martin, Ü aapprouvé les débuts dramatiques de M. Victor ïlugo, mais il a trouvé qu’il y a valttrop de cercueils et de poison dans Lucrèce Bonjia; au théâtre de la Gaîté, il s estabandonné sans réserve a M. de Pixérécourt, le Corneille des boulevards. Quand estmort Victor Ducange, le gamin de Paris a pleuré, car Victor Ducange avait obtenu c!mérité toutes ses sympathies. C’est lui quia fait la fortune de Debureau. Pour h"plaire, madame Saqui a manqué mille fois se casser les reins ; le Cirque-Olympi 1 ! 110a essoufflé tous ses chevaux : il a évoqué les mânes de l’empereur et de la grand 0armée, que nous avons vu défiler au bruit des trompettes et des fanfares sur ® echamp de bataille de deux cents pieds carrés. Parmi les choses qu’il aime le pl lisaprès les pommes de terre frites cl le jeu du bouchon, il faut placer encore '*•’coco, les marchands d’oiseaux, l’orgue de Barbarie et les chanteurs en pi® 111vent.

Un autre de ses grands plaisirs, c'est d’aller, quand se rencontre une de ces alfaires bien sanglantes, un de ces crimes tout remplis de mystères, prendre sa p ald’émotions dans le parterre de la cour d’assises; il a un instinct merveilleux, 1111coup d’u'il rapide, qui lui font deviner tout d’abord le fort et le faible de I aC "cusation et de la défense. Regardez-le, prêtant une oreille attentive au réquisih ,,,edu procureur du roi, aux réponses des accusés, aux plaidoiries des avocats : cCn’est pas la même figure de tout a l'heure, quand le gamin était lâché par la viH e ’ce n’est plus le turbulent spectateur qui remplissait de bruit et de désordre le f 011laitier de l’Amhigu-Comique ou de la Porte-Saint-Martin; c’est un spectateur g ia ' cet ému de pitié, c’est un juge austère qui dit dans son âme et conscience : «l’accusé est coupable. Non, l’accusé n’est pas coupable. » Un jury ainsi compose 1ces jurés de la borne et du carrefour, porterait à coup sûr des jugements souvent nréprochables. Cet enfant si futile et si léger en apparence, qui a fait une guerre acl' ar 'née, impitoyable aux marchandes de pommes, aux marchands de marrons, ila cependant le crime en horreur, un assassin l’épouvante, le vol avec effractionparaît contre toutes les règles de la chiperie. Aussi est-il impitoyable dans l’ar' tqu’il a porté : il suit son condamné jusqu'à la prison , jusqu’au poteau infatua 1 ' 1 ’bien plus, il le suit jusqu’à l’échafaud, il appelle cela son exemple. « Gendaruu ’laissez-moi voir mon exemple. » Ainsi parle-t-il ; et, chose horrible, c’est que 1° b 1min soutient cet affreux spectacle avec le plus grand sang-froid ; il joue avec la 11101comme s’il jouait au bouchon ; il se repaît de cet affreux spectacle. C’est là qu’Ü a l’prend à envisager sans pâlir tous les horribles accidents des révolutions. S"'gulier enfant qui rit do tout, qui plaisante le condamné qui passe, qui t°le bourreau comme un sien camarade, qui monterait sur l’échafaud, p° l,rdanser, si on le laissait faire; singulier enfant, qui chante ses plus gais refra"' sallant à la Morgue, et qui chante encore à la Morgue même en présence de q iult * (pauvre petit gamin comme lui, écrasé le matin même par quelque voilure auAlors savez-vous ce qui arrive? II sort de la Morgue , et pour ne pas êlre écrase P‘