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LA DEMOISELLE A MARIER.
« Comment! c’est vous, chère Diana! quel bonheur inespéré de vous voir! sc-eria Marguerite. Je vous croyais a Londres , et, tenez , je vous écrivais.
— Chut! dit la jeune femme en mettant deux doigts sur sa bouche en signe demystère; ne me nommez pas, chère Marguerite; je ne fais que traverser Paris , et jetiens beaucoup a ce que mon passage n’y soit pas connu. Vous n’en parlerez p aSmême à votre mère. Je sais qu’elle est sortie; je m’eu suis assurée avant d’entrdchez vous.
— Pourquoi tout ce mystère , chère lady L....? dit Marguerite.
— Oh ! pour rien, je vous conterai cela plus tard , répondit la jeune femme avecun léger accent anglais , plein de grâce dans une jolie bouche. Un voyage, une p® 1 'lie, un coup de tête ; une misère enfin, ajouta-t-elle d’un ton qu’elle cherchait à ren-dre léger, mais où perçait cependant quelque embarras. Je ne verrai personne aParis .
— Comment! pas même ma mère, qui aurait été si aise de vous voir !
— Non, personne... On ne voulait pas non plus que je vous visse ; mais jepas voulu traverser Paris sans embrasser ma chère Marguerite. #
Et la belle jeune femme jeta ses bras autour de la taille de son amie avec ce nielange de gaucherie et de grâce dont l’une appartient a la nature anglaise, et dontl’autre est inséparable de la jeunesse et de la beauté.
Marguerite lui rendit ses caresses et lui témoigna la joie que lui causait son arrive* 5inattendue.
« J’ai tant de choses a vous dire, continua mademoiselle de Bussy quand elles sefurent toutes deux assises sur une petite causeuse où elles se tinrent quelque teinp sembrassées. Mais avant tout parlez-moi de lord L... 11 est ici, sans doute?
— Non , répondit-elle avec un peu d’embarras. Et, voyant l’étonnement de sonamie, elle se hâta d’ajouter, en rougissant comme un enfant qui ment : « Il doit w°rejoindre dans peu... Et ses chevaux, ses chiens... 11 aime énormément scs chevau*et ses chiens, et ne pouvait pas les quitter si vite!
— C’est donc avec votre mère que vous voyagez?
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et
— Pas davantage ; mais de grâce ne mettez pas votre esprit à la torture pourviner les circonstances de mon voyage; je vous conterai cela plus tard, et parlonstoutes ces choses que vous aviez a me dire ; j’ai très-peu de temps a vous donner,je veux savoir tout ce qui vous touche. Nous avons été si séparées depuis deux ans-^et Dieu sait quand nous nous reverrons ! murmura-t-elle, mais si basque Marg uCrite n’entendit pas ces derniers mots.
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— Ah! oui, nous avons été bien séparées, chère Diana. Heureusement vousvez au moment où j’ai le plus besoin de vos conseils et de votre amitié, non powdécider, car je le suis; mais pour m’aider a suivre vaillamment mes résolutions-
— Mon amitié est tout a vous, chère petite, vous le savez bien ; quant à mese 011
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seils, ils ne passent pas pour très-bons, je vous en avertis. En disant ces mots,s’était levée comme pour arranger ses boucles brunes et soyeuses que le vent aV'un peu dérangées, et la glace refléta l’un de ces visages qu’on ne trouve queles rêves, ou en Angleterre.