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LE SOCIÉTAIRE DE LA COMEDIE-FUANCAISE.
d’ombrage. Du reste il y a sur ce chapitre, entre ces messieurs etces dames de la Comé-die, une société d’assurance mutuelle. Le vieux comique prête volontiers secours auvieil amoureux contre l’invasion d’un talent frais et jeune, a condition que le mêmeservice lui sera rendu demain. Jamais M. Aristide n’a donné sa voix pour l’admissiond’un aspirant qui aurait pu rendre ses beaux jours a la Comédie. Ah ! monsieur Aris-tide, si le public avait comme vous, voix au comité,.ne crierait-il pas de toute la forcede ses convictions et doses goûts : « Je suis fatigué de voir des bouches sans dents,des têtes sans cheveux, des bras décharnés, de vieux mollets qui font grimacer 1 e-toffe... Je suis fatigué d’entendre de beaux vers chantés sur la mesure d’une sempi-ternelle mélodie et je ne veux plus des restes réchauffés de Lekain et de Dugazon!---Arrière les Achille qui portent perruque, et les Iphigénie a la voix chevrottante !
Mais malheureusement le public ne peut protester que par son absence, et M. Aris-tide et ses camarades se consolent de la faiblesse des recettes par les satisfactionsdonnées à leur vanité. Us bannissent impitoyablement du théâtre tout ce qui n’a p i,spassé le quarantaine : la verdeur est un titre d’exil. La Comédie n’est plus qu’un hôteldes Invalides . On cite un figurant de cinquante ans qui a été chassé comme dangereux,parce qu’il ne toussait pas au mois de janvier.
Si quelque débutant, grâce à une haute protection ou aux suffrages de la foule,parvient a prendre pied en dépit d’eux, ils lui font subir tant de disgrâces, ils lulimposent tant de rôles qui sont des repoussoirs ou des écueils, ils l’étouffent si belet si bien, que le pauvre néophyte est bientôt réduit à aller chercher des cieux plus clé-ments. Il n’est arrivé que dans ces derniers temps, et une seule fois encore, qu’uneactrice de vingt ans saluée par les acclamations unanimes de la foule et soutenue p aIquelques écrivains de goût, ait pu s’asseoir triomphalement sur le siège tragi<l uCde Clairon et de Duchesnois, malgré l’opposition des anciennes reines du métier etdes médiocrités en place. Croyez-vous que dans l’intérêt de l’art et de la caisse on s eusoit réjoui au sein des conciliabules de la Comédie? Non... Prêtez l’oreille aux cau-series de coulisse et de foyer... Vous entendrez des doléances sur les erreurs ô 11vulgaire et des malédictions contre l’influence pernicieuse de la presse.
M. Aristide se retirera le plus tard qu’il le pourra ; mais enfin il se retirera, noml’espérons bien. On donnera une représentation a son bénéfice, après je ne salScombien d’années de bons et loyaux services ; on jouera le Malade imaginaire, il ?aura une cérémonie dans laquelle paraîtront tous les sujets de la troupe ; Aristide fe l ®ses adieux au public dans le costume du rôle qu’il a joué avec le plus d’agrémentversera des larmes d’attendrissement et s’évanouira entre les bras d’Argan et J ô
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grippine. C’est la le programme ordinaire. Puis il ira manger sa pension, ruel’Ancienne-Comédie, en face de l’ancien Théâtre-Français, au-dessus du café P r °cope, au troisième étage. Et comme un vieux comédien aime toujours â sentir l’huil^des quinquets et à voir les banquettes de parterre, il enrôlera de jeunes ouvriersdesgrisettes, montera des parties dramatiques pour les environs de Paris , promèi' 01 'Y Étourdi et Manlius de Choisy-lc-Roi â Pontoise , et de Saint-Germain à Saint- Mai |l jet cabutinera comme un héros du roman comique, jusqu’à la dernière heure de sa v |C
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