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Tome second.
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210 LE GARÇON DE BUREAU.

barons de l’administration, il est moins difficile d’enlever une sous-préfecture qu’i" ieplace de garçon de bureau, et voici pourquoi :

D’abord, répondez-moi, jeunes lauréats aux couronnes déjà effeuillées, jeunesavocats sans causes, vous tous solliciteurs aux démarches instantes et multiplié eS >qu'avez-vous obtenu des protecteurs puissants qui vous avaient promis tantetdesibelles choses? De simples apostilles sur vos placets, apostilles banales et décolorées,qui bientôt ont été rejoindre leurs cent mille sœurs dans les cartons hécatombes desministères. Mais pour uu vieux domestique, un üdèle Caleb qui a rendu à i’homffl equi navigue dans les eaux du pouvoir, de ces services de tous les instants, de cesservices dont on aperçoit le terme et qu’il faudrait récompenser d’une pension ali-mentaire , qu’il est si commode et si doux de mettre à la charge de l’état, oh !pour ce vieux serviteur-là c’est différent, on ne se horne pas à apostiller ses péti-tions, on se dérange, on marche, on court, on vient voir le ministre, ou y retourne,on revient dix fois, cent fois, on importune et on obtient.

Et puis les ministres eux-mêmes, qui ont passé plus ou moins rapidement auxaffaires, n’ont-ils pas eu à récompenser les gens de leurs maisons privées et les dé-vouements intimes qu’ils ont eu l’occasion de mettre à l’épreuve? A cet égard, Die 11sait s’ils s’en sont fait faute! à ce point, que si quelque historien avait besoin d erecourir à la chronologie ministérielle de ces vingt-cinq dernières années, je |ulconseillerais d’entrer dans le premier ministère qui se trouverait sur sa route, d®demander qu’on en fit ranger tous les garçons de bureau par ordre d’anciennete,puis de leur faire nommer le bienveillant patron qui les a pourvus de leur chai?®individuelle. A part plusieurs doubles emplois, mon historien aurait sa chronolog 1 ®avec la plus rare exactitude.

Vous comprenez que cette diversité de provenances a causé celle des types : auss*de nos jours le garçon de bureau se présente-t-il sous des faces bien diverses et ave®le caractère, les qualités et les défauts qui sont le décalque des précédents de sa vie*

Voulez-vous me suivre un instant? venez avec moi dans un hôtel ministériel d° ntje connais les détours : placez-vous derrière cette porte vitrée, d’où vous pour®® 2tout voir et tout entendre; ils sont là dans cette pièce ( il n’y a plus d’antiehambre bsix garçons de bureau, dont on peut dire ce qu’on dit des moines : ils sont ent®® ssans se connaître; ils vivent ensemble sans s’aimer; ils se quitteront sans se ®®'gretter.

Examinez d’abord le seul qui soit debout et toujours debout : quel aplomb, q u ® ,|l!assurance, quel contentement de lui-même! C’est le mouvement perpétuel, c’ est ,amouche du coche, c’est l’audiencier général. Il s’occupe de tout, répond b tout, e*'cepté pourtant à la sonnette des chefs de bureaux, dont il a délégué le service à ®® 11 *que nous appelons ses camarades, et qui pour lui ne sont que des inférieurs. R® mi "'quez encore, je vous prie, comme cette plume mouillée d’encre est fichée avec art 1®long de sa tempe droite, et comme elle fait valoir le brillant de ces lunettes en cluTsocale qui se meuvent du front au nez, et vice versa selon la gravité de l’interlo® u 'tion. Dans ce moment il éconduit deux solliciteurs de province qui ont la contpl® 1 'sauce de s’incliner devant sa grandeur, et dont les têtes respectueusement découvert