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Tome second.
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L'INVALIDE.

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Les images et les explications de Colopeau lui valurent les chaleureux applaudisse-ments de son compagnon, et j’y joignis volontiers les miens. Cet échantillon populairede style descriptif m’avait vivement intéressé, et avait redoublé le désir quej’éprou-V:ils de voir de près les invalides et leur demeure. Mais des circonstances imprévues111 a yant éloigné de Paris peu de jours après, j’adressai a mon ami E. de la BédollierreUn compte rendu de ma promenade, en lui recommandant de me communiquer lesdétails qu’il pourrait réunir sur l’objet qui m’occupait; il me répondit en cesternies :

Mon cher l.orentz,

J’ai visité plusieurs fois l’hôtel dont vous n’avez pu franchir le seuil, et je vousei >voie le résultat de mes investigations. Que ne puis-je, en vous le présentant, em-prunter a votre peintre en bâtiments sa verve et sa gaieté ! Mais, comme tous les ar-êtes ne voient et ne reproduisent pas la nature sous les mômes couleurs, tous lesobservateurs n’envisagent pas les objets d’une manière identique. En saisissantie côté plaisant du sujet, vous ne m’avez guère laissé que le rôle d’Iléraclite ; c’estteiste.

Vous connaissez l’extérieur de l’Hôtel des Invalides , et il est inutile de vous le dé-Cr ire. Vous avez été frappé sans doute de la majesté de cet édifice, qui renferme unePopulation égale a celle de la majorité de nos petites villes. Ce n’est qu’en le parcou-rai) t en tous sens, en errant de cours en cours et de jardins en jardins, en montant^ otages en étages, qu’on peut se former une idée exacte de ce bâtiment colossal. 11re ssemble aux palais créés par le pinceau de Martin, et dont les profils immenses sePwdent dans un immense horizon.

Les nombreux visiteurs des Invalides n’emportent de leur excursion que des no-ns vagues et confuses. Un guide les reçoit â la grille ; après avoir admiré sur le bords lossés les pièces de canon conquises par nos armées, ils entrent dans la cour royale,te' U| ô carré environné de deux étages de galeries. Ils sont introduits dans les cuisines,°n leur montre des marmites géantes, dont les deux principales contiennenta cune six cents kilogrammes de bœuf. Puis ils examinent l’église avec sa nef étri-( I a< te, son dôme imité de celui de Saint-Pierre de Rome , et surtout ses voûtes fran-b e esde drapeaux enlevés a toutes les nations. En sortant, ils n’ont rien vu. Ils con-fissent le corps et non l’âme qui le vivifie; iis ont parcouru la maison, sans êtreteit des mœurs et usages des locataires ; on leur a montré une carapace, en leurant : « Ceci est une tortue. »

a * procédé autrement : est-ce avec succès? vous en jugerez. L’on m’avait adressé

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dip Teller > vénérable invalide de 81 ans, dont Henri Monnier a si fidèlement repro-11 tes traits. En arrivant dans la cour de l’Hôtel, je vis se découper sur le murvieillard courbé, assez semblable de loin â une virgule peinte en bleu sur"• 29