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L’INVALIDE.
hollandaise retenue dans le Texel parles glaces. Il a été réformé dès 1804, niais sadernière blessure date de 4 814 ; il l’a reçue au siège de Paris . Il a horreur desprêtres, et ne voit pas sa sœur, sa seule parente, gouvernante à la Visitation,parce que, dit-il, elle est de la calotte. Son puritanisme n’a jamais pu s’ac-coutumer à accoler au nom des rues la qualification de saints ; il dit la rue Do-minique, le faubourg Honoré, et même la rue Rocli, ce qui n’est guère euphonique-11 regrette Hoche et Kléber, et persiste a désigner Napoléon sous le titre de généralBuonaparte .
« Buonaparte ! s’écrie à ce sujet l’invalide de la vieille garde, Buonaparte ! ditesdonc Napoléon , s’il vous plaît, autrement nous serions forcés de nous rafraîchir d’uncoup de sabre, et ça deviendrait désagréable. Tonnerre! c’était ça un libinnie!tous vos généraux à cadenettes ne sont pas dignes de lui cirer ses bottes. Et dire queles Anglais !... mais, non, aile/, il n’est pas mort! ceux qui soutiennent qu’il estmort ne le connaissent pas ; il en est incapable. Dieu de Dieu'.s’il revenait... d ue *tremblement !... »
Ces paroles émanent d’un individu porteur d’une face balafrée, d’une pipe cU 'lottée, d’un pantalon bleu et de guêtres blanches ; on est en décembre. Ce soldatmodèle, plié a toutes les exigences du service, a la discipline, aux fatigues, auxprivations, est entré dans la garde a la formation, et en est sorti au licenciement-Son existence a commencé a Austerlitz et fini au Mont-Saint-Jean. La charge, J®fusillade, l’empereur galopant au milieu d’un nuage de poussière et de fumée, voilatoute sa vie; avant et après, il n’y a rien. 11 se croit encore de la vieille garde; I eruban de sa croix est plié comme celui des soldats de la vieille garde, et il a soinde faire retaper ses chapeaux neufs dans le style vieille garde, par un de ses ancienscamarades. En s’appuyant sur une pièce de canon aux armes d’Autriche , il s’im®'gine toujours être a Vienne. Le gouvernement de Napoléon est a ses yeux le seulgrand, le seul légitime, le seul logique. Si vous causez avec lui du ministère ■« Ne me parlez pas des ministres, dit-il ; c’est des clampins qui caponnejil de-vant les puissances étrangères ; l’Empereur se comportait autrement avec elles •votre coq ne vaut pas notre aigle.
— Ah 1 ils sont rudement travaillés par l’opposition...
— Ne me parlez pas de l’opposition, c’est un tas de criailleurs, qui ne savent Wce qu’ils disent, ni ce qu’ils veulent.
— Les journaux...
— Ne me parlez pas des journaux ; l’Empereur savait bien leur couper le sifflet, a
tous ces merles de journalistes. •
— La Chambre...
— Ne me parlez pas .de la Chambre ; les députés sont tous des bavards, l’Empet' el11les jetait par la fenêtre ; ils ne sont bons qu’à ça.
— Et de qui diable voulez-vous qu’on vous parle ?
— De l’Empereur. »
Ce fanatisme pour l’Empereur est partagé par presque tous les invalides. Les ornements de l’Hôtel ne consacrent guère que des faits antérieurs à la révolutio 11 -